Spirales • Tatiana de Rosnay

spirales

Spirales

de Tatiana de Rosnay.

Hélène, la cinquantaine paisible, mène une vie sans histoire auprès de son mari, de son fils, de sa fille et de ses petits-enfants. Hélène est une épouse modèle, une femme parfaite. Un jour d’été caniculaire à Paris, sur un coup de tête, elle cède aux avances d’un inconnu. L’adultère vire au cauchemar quand, au lit, l’amant sans nom meurt d’une crise cardiaque. Hélène s’enfuit, décidée à ne jamais en parler, et surtout, à tout oublier. Mais, dans son affolement, elle laisse son sac à main… avec ses papiers. Happée par une spirale infernale, Hélène ira très loin pour sauver les apparences. Très loin, mais jusqu’où ? Dans ce roman au suspense hitchcockien, Tatiana de Rosnay explore les arcanes de la bonne conscience et la frontière fragile entre le bien et le mal. 

Spirales, ce roman tient bien son nom : l’héroïne, Hélène, dès lors qu’elle commet une faute qualifiable de petite, et normalement sans conséquence funeste, se trouve entraînée dans un scénario rocambolesque duquel elle ne pourra pas sortir indemne.

Par une folle journée de canicule à Paris, une mouche la pique et elle suit un inconnu chez lui, et découvre la jouissance entre ses bras et ses reins, alors même qu’elle a un mari. Immédiatement, le comportement de cette femme peut être condamnable, mais de savoir que son mari, grand éditeur quelque peu célèbre et médiatisé, l’a déjà trompée à plusieurs reprises, cet acte n’apparaît plus tellement horrible aux yeux du lecteur. Cependant, quand son amant meurt dans ses bras au moment culminant de leur rapport sexuel, et qu’elle l’abandonne, à demi nu sur son lit, sans essayer de le ranimer ni d’appeler les secours, là, le comportement d’Hélène est inacceptable. Certes, c’est la peur qui l’a faite agir, mais quand les éléments s’enchaînent par la suite, au lieu de se confier, d’avouer la lâcheté de son geste, Hélène Harbelin ne trouve rien de mieux à faire que de mentir, toujours un peu plus, jusqu’à être entraînée dans une interminable spirale, qui tourne toujours plus au fur et à mesure que les mensonges s’enchaînent, que les crimes se multiplient, et que la conscience de la quinquagénaire devient horriblement cruelle.

Par moments, j’ai réussi à me prendre en pitié pour cette femme qui n’a rien demandé, qui est touchée par la fatalité, alors même que jusqu’à l’événement déclencheur, son entourage la surnommait « sainte Hélène » pour sa gentillesse, sa soumission, l’aide qu’elle apportait avec beaucoup de bonne volonté. Mais dès lors qu’elle est engoncée dans son mensonge, que sa personnalité change, se trouble de la méchanceté de ce qui lui arrive pour la rendre méchante voire cruelle à son tour, il m’est également arrivé de la détester. Mais en fait, cette évolution du personnage répond simplement au changement d’atmosphère, la spirale de l’histoire entraîne Hélène en son centre jusqu’à la perdre totalement, au point, qu’à la fin, on ne sait si tout cela est réellement arrivé, ou si c’était un simple cauchemar. La spirale tourne sans cesse, au point que le lecteur n’en trouve plus la fin.

Ce roman prend réellement aux tripes, une fois qu’on le tient, impossible de le lâcher ; je ne l’ai d’ailleurs lu qu’en une seule journée, j’étais tellement prise dans le tourbillon que je voulais connaître le fin mot de l’histoire le plus vite possible ! Par bien des aspects, Spirales m’a fait penser à Le voisin, lui aussi de Tatiana de Rosnay, et les personnes qui ont aimé ce dernier apprécieront très certainement ce roman. L’héroïne se perd dans ses mensonges, se perd dans sa folie, et le lecteur est happé avec elle à tel point que le final reste flou autant pour l’un que pour l’autre.

2 Comments

  • stellade
    4 années ago

    Et je me suis même demandé: « qu’aurai-je fait »????
    Je suis d’accord avec toi, je l’ai dévoré également comme »le voisin » qui m’a beaucoup plu!!!!
    un bel article!!! merci

    • 4 années ago

      Merci pour ton compliment ! ;)
      Personnellement, je n’ai pas vraiment trouvé de réponse à « qu’aurais-je fait ? ». Déjà parce que je ne tromperai jamais mon mari, et surtout, parce que je ne sais pas comment je pourrais réagir si un inconnu mourrais dans mes bras. Dans ma logique j’appèlerais les secours, mais la manière dont réagit Hélène, bien qu’horrible, est aussi compréhensible à cause des répercussions que cela pourrait avoir sur son mari. Donc honnêtement, si une telle chose devait m’arriver, ma réaction serait totalement non préméditée, je ne sais pas du tout ce que je ferais.

Leave A Comment