Sonia Cougar • Olivier Dukers

Sonia Cougar

Quand j’ai vu que les nouvelles éditions Encre Rouge cherchaient des lecteurs pour chroniquer leurs ouvrages, j’ai répondu présente pour ce livre et le suivant, bien que pour celui-ci, le genre n’est pas du tout de ceux que j’ai l’habitude de lire – il s’agit d’une nouvelle érotique. Cependant la curiosité m’a donné envie de découvrir ce genre et je me suis lancée.

« C’était une chambre d’hôtel des plus classiques. Je posai mon sac à main et il m’invita à m’asseoir sur le lit. Je lui tendis la bouteille afin qu’il l’ouvre, et sortis le tube de gel de sa boîte pour le poser sur le chevet. Nous bûmes un verre de champagne en se dévorant des yeux. Il était debout, moi assise juste devant lui. Et tout naturellement, il commença à se déshabiller… »

Sonia nous fait vivre, jusque dans le détail, son expérience de femme cougar, sa quête de plénitude, et d’épanouissement dans une nouvelle érotique croustillante et drôle, aussi jouissive qu’émouvante.

La nouvelle érotique n’étant pas du tout un genre que j’ai pour habitude de lire, je me suis lancée sans aucun à priori dans ma lecture, savourant la plume de l’auteur dès les premières pages. J’ai trouvé l’héroïne, Sonia, très attachante, et par certains côtés je me suis même retrouvée en elle, mais cela, uniquement au début de l’histoire, trouvant même que sa personnalité correspondait plus à une jeune fille dans la vingtaine plutôt qu’à une mère de famille de quarante-cinq ans. Mais après tout, n’ayant pas encore atteint cette tranche d’âge, je ne suis peut-être pas encore en position de pouvoir juger.

Cependant, je me suis endormie environ à 20% de mon avancée dans cette lecture (en même temps à 4h du matin, il était peut-être temps !), et quand j’ai repris celle-ci, je ne lui ai quasiment trouvé que des défauts. J’ai même eu l’impression que ce n’était pas la même personne qui avait écrit les premières pages… Pourquoi cette impression ? Parce qu’à partir de ce moment-là, le récit est truffé de fautes d’orthographe, de grammaire, de syntaxe, mais surtout (et là on atteint des sommets !), de conjugaison ! Il est rare de trouver une page, voire même un paragraphe, sans aucune faute. Et moi les fautes, ça me fait saigner les yeux. J’ai relevé pas moins de quatre pages recto-verso de fautes en tous genres… Quand il s’agit d’un manuscrit encore, avant relecture, je pourrais comprendre (mais pas à ce point, là c’est vraiment extrême, désolée), mais pas quand il s’agit d’un livre publié et déjà dans le circuit de vente. L’auteur ne s’est-il pas relu, n’a-t-il pas fait appel à des bêta-lecteurs, la maison d’édition n’a-t-elle pas de correcteur ? Honnêtement, j’ai trouvé cela aberrant lors de ma lecture, cela m’a énormément gênée, et a nettement descendu mon intérêt pour cette histoire. Je me suis forcée à continuer ma lecture car j’avais un engagement auprès de l’éditeur, mais soyez sûrs que sans ça, j’aurais abandonné dès que j’aurais lu la dixième ou vingtième faute. Pour moi, on ne se revendique pas écrivain quand on ne connaît pas, au minimum, sa conjugaison (c’est là que j’ai relevé le plus de fautes, le pire pour moi étant les « je » suivis d’un passé simple à la troisième personne du singulier, raaaah !!!).

Vous l’avez donc compris, ce livre n’est pour moi pas abouti, le fond était intéressant mais la forme le descend entièrement dans mon estime. J’ai malgré tout aimé découvrir Sonia, même si au fil des pages une distance énorme s’est creusée entre nous, m’empêchant même souvent de la comprendre, la trouvant vulgaire et haïssable dans ses agissements. Pour moi son personnage est clairement devenu une vraie salope dans l’avancée de la nouvelle, ne s’assagissant qu’à la fin grâce à un personnage qui permet de la qualifier de cougar, comme le titre de la nouvelle l’indique.

En ce qui concerne les passages érotiques, je ne les ai pas aimés, mais ils ont au moins le mérite de ne pas tomber dans la vulgarité, il s’agit simplement d’enchaînements de descriptions pornographiques que je jugerais de classiques, bien que je n’ai que peu de recul sur la chose, mon seul point de comparaison étant Cinquante nuances de Grey que j’ai lu il y a presque quatre ans (déjà !).

Cette nouvelle érotique n’est donc pas entièrement inintéressante car nous suivons une femme avec de réelles interrogations et découvertes, son personnage évolue continuellement, passant presque d’un extrême à l’autre, mais ce toujours pour une raison plausible. Les personnages secondaires sont finalement peu exploités mais permettent quand même à l’héroïne de se révéler, à elle-même comme aux autres, ses proches, la société dans laquelle elle vit.

Pour moi cette nouvelle mériterait donc d’être lue si vous aimez le genre, mais uniquement si elle était retravaillée. Dans l’état, je vous conseille malheureusement de passer votre chemin, sauf si vos yeux ne saignent pas à la moindre faute lue…

Sonia Cougar, d’Olivier Dukers.
Disponible aux éditions Encre rouge
depuis le 16/02/2016 au prix de 15€50 (papier) ou 6€99 (ebook).

2 Comments

  • 1 année ago

    Il est certain que ta chronique ne donne pas envie… Je ne peux que comprendre ton point de vue pour les fautes d’orthographe et compagnie, moi aussi ça me pique les yeux…
    J’avais lu une nouvelle érotique M/M il y a quelques temps et j’ai dû me forcer tout pareille à la terminer tant mes yeux me faisaient mal, sans compter le scénario pas terrible et les scènes de sexe vulgaires… Et le tout pour un ebook payant sur amazon… -_-

    A éviter donc, je note. ^^

    • Flight of Swallow
      1 année ago

      A éviter dans l’état, ça c’est clair, mais comme je le disais dans ma chronique, corrigé et retravaillé, ça peut (peut-être) valoir le coup :)

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