Soie • Alessandro Baricco

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Bonjour !

Les vacances sont enfin là pour moi depuis deux jours, mais je m’attaque d’ores et déjà à la lecture du programme pour une matière de la fac que j’entamerai dès la rentrée. Mais comme je ne suis pas masochiste non plus, j’ai décidé de commencer avec le roman qui me tente le plus, car je sais qu’il a été adapté au cinéma, et la bande-annonce m’a d’ailleurs vendu du rêve.

Vers 1860, pour sauver les élevages de vers à soie contaminés par une épidémie, Hervé Joncour entreprend quatre expéditions au Japon pour acheter des oeufs sains.
Entre les monts du Vivarais et le Japon, c’est le choc de deux mondes, une histoire d’amour et de guerre, une alchimie merveilleuse qui tisse le roman de fils impalpables. Des voyages longs et dangereux, des amours impossibles qui se poursuivent sans jamais avoir commencé, des personnages de désirs et de passions, le velours d’une voix, la sacralisation d’un tissu magnifique et sensuel, et la lenteur, la lenteur des saisons et du temps immuable.

Il m’est toujours très difficile d’écrire des chroniques sur des romans très courts (ici, 142 pages), car généralement soit il se passe peu de choses, soit celles qui ont lieu sont peu développées. Ici, j’ai tendance à dire qu’il s’agit d’un mélange des deux…

En effet, je pensais lire une magnifique histoire d’amour entre un homme et une femme déjà mariés et vivant dans des pays « au bout du monde » l’un pour l’autre, mais en réalité j’ai trouvé le sujet de cette liaison très peu développé et approfondi, les personnages concernés ne s’adressent jamais la parole, ils ne se voient que trois fois pendant tout le roman, et leur amour naît après seulement deux-trois regards qui créent un coup de foudre qui rend leurs pensées fougueuses. Je veux bien admettre qu’à l’époque les gens avaient beaucoup plus de retenue et de pudeur qu’aujourd’hui, mais tout de même… Surtout que la lettre qui vient clore le roman est, comment dire, très détaillée et très hot, du véritable érotisme !

Je m’attendais donc clairement à autre chose, mais j’ai cependant bien apprécié ma lecture. J’ai passé un bon moment, puisque déjà j’ai lu ce roman d’une traite sans jamais m’ennuyer. J’ai bien trouvé certains passages rébarbatifs, car l’auteur a recopié quasiment mot pour mot la description qu’il fait du voyage d’Hervé Joncour depuis Lavilledieu (dans le midi de la France) jusqu’à Shirakawa (au Japon), mais j’ai su passer outre, notamment car l’écriture s’est révélée très poétique dans l’ensemble.

Ce roman m’a aussi un petit peu instruite, puisque j’ai appris des choses sur l’élevage du vers à soie, à propos de progrès scientifiques et médicaux, et sur la culture japonaise de l’époque. Mais surtout, plus que pour son histoire, ce livre est à lire pour l’atmosphère qu’il dégage, la poésie dont il recèle. Désormais j’ai très envie de voir le film, qui, je pense, m’apportera en complément les choses que je n’ai pas trouvées à l’écrit.

Soie, d’Alessandro Baricco.
Disponible aux éditions Folio
depuis le 03/10/2001 au prix de 6€20.

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