Patte de velours, oeil de lynx • Maria Ernestam

patte de velours oeil de lynx

Je l’avoue sans aucune honte, ce qui m’a dans un premier temps attirée dans ce roman, c’est sa couverture : ne trouvez-vous pas, vous aussi, que cette tête de chat mouillée est trop mignonne et drôle ? Puis je me suis penchée sur le résumé, et là c’était fini, malgré son prix que je trouve assez élevé pour le peu de pages, j’ai embarqué ce livre avec moi !

Êtes-vous sûr de bien connaître vos voisins ?
Sara et Björn quittent la vie citadine pour s’installer à la campagne dans la maison qu’ils viennent de rénover. Un paradis d’espace et de liberté pour eux comme pour leur chat.
Le couple d’en face, uniques voisins, leur réserve un accueil des plus cordial, Thermos de café et brioches maison. Ils n’ont qu’un seul défaut, leur propre chat, un animal belliqueux qui défend son territoire toutes griffes dehors. Tel chat, tel maître ? Les cicatrices du passé et la fragilité des êtres révèlent parfois de bien sombres desseins. Au fond du jardin ou derrière les rideaux tirés, une guerre des nerfs s’engage. Délicieusement cruel.
Un conseil : Ne sortez jamais sans votre sécateur.

Dès que l’on plonge dans les premières pages du roman, nous comprenons que les chats sont vraiment au centre de l’histoire, et pas seulement un détail pour attirer les lecteurs amoureux de ces boules de poils. L’animal est presque personnifié, des émotions et attitudes humaines lui sont attribuées, afin que plus d’importance lui soit accorder. J’ai aimé cela, l’histoire est ainsi encore plus intéressante car on se pose tout le temps la question de savoir qui est le plus important dans ce roman : les humains, ou les chats ? Qui dirige réellement l’intrigue ? Qui le lecteur doit-il analyser, suspecter, le plus ?

Car en effet, ce court roman (100 pages !) est à la limite du thriller, mais son nombre de pages peu élevé empêche selon moi l’auteure de développer ce côté, qui, je l’avoue, m’aurait beaucoup plu ! Car c’est bien là le vrai – et seul – défaut de ce roman : étant très court, de nombreux aspects très intéressants n’ont pas pu être exploités à fond, l’histoire finalement est brève et quasiment survolée. Pour autant, l’auteure a bien maîtrisé son histoire car elle est concise et précise, mais c’est vrai qu’approfondir certains passages n’aurait pas été de refus, j’aurais beaucoup aimé en apprendre plus sur ces voisins, leur chat, l’énigme du passé qui plane sur une partie du roman, et j’ai trouvé la fin trop rapide, tombée un peu comme un cheveu sur la soupe.

Mais pour autant, malgré cet aspect négatif, j’ai adoré ce roman ! La plume de Maria Ernestam est sympathique à lire, agréable, et j’avoue qu’elle m’a donné envie de découvrir la Suède, même si elle n’en parle pas beaucoup. J’ai réussi à m’attacher à Sara et sa chatte Michka, mais aussi à détester Agneta et son chat. J’ai tourné les pages à une vitesse affolante, ce roman est pour moi une petite pépite à lire entre deux lectures plus imposantes. Alors certes, il n’est pas parfait, mais pour moi il fait bien son job : passer un bon moment en Suède, dans un contemporain à la limite du thriller (et, je trouve, avec quand même certains codes propres à ce genre). Ce roman est donc idéal pour se détendre, on tourne les pages sans jamais se prendre la tête, et on prend ce que l’auteure a bien voulu nous donner, en en voulant toujours plus. A ce propos, je pense d’ailleurs me pencher sur sa bibliographie, car j’ai bien accroché à sa plume…

Patte de velours, oeil de lynx, de Maria Ernestam.
Disponible aux Editions Gaïa
depuis le 14/10/2015 au prix de 9€.

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