Nos étoiles contraires • John Green

Nos étoiles contraires

Nos étoiles contraires

de John Green.

Il y a des livres, ça fait des mois qu’on en entend parler, et ça fait des mois qu’on veut les lire. Pour moi, c’est le cas avec celui-ci. Mais comme toutes les critiques que je lisais à son propos étaient toutes extrêmement positives, j’avais peur d’en attendre trop, et d’être finalement déçue. Mais cela n’a pas été le cas, loin de là ! Je m’étais enfin décidée à l’acheter en vue d’une lecture commune prévue pour le 30 juin 2013, mais dès que je l’ai eu entre les mains, je n’ai plus su résister, et je l’ai commencé et dévoré presque immédiatement. 

Hazel, 16 ans, est atteinte d’un cancer. Son dernier traitement semble avoir arrêté l’évolution de la maladie, mais elle se sait condamnée. Bien qu’elle s’y ennuie passablement, elle intègre un groupe de soutien, fréquenté par d’autres jeunes malades. C’est là qu’elle rencontre Augustus, un garçon en rémission, qui partage son humour et son goût de la littérature. Entre les deux adolescents, l’attirance est immédiate. Et malgré les réticences d’Hazel, qui a peur de s’impliquer dans une relation dont le temps est compté, leur histoire d’amour commence… les entraînant vite dans un projet un peu fou, ambitieux, drôle et surtout plein de vie.

Au début, j’ai tout de même eu un peu de mal avec le personnage d’Hazel, je la trouvais trop sarcastique, presque méchante par moments, mais j’ai par la suite compris son attitude, qui sert principalement à dédramatiser le mal dont elle est atteinte, à savoir un cancer de la thyroïde dont les métastases ont migré jusque dans ses poumons, qui se noient constamment dans un liquide formé par son corps, et qui nécessite qu’elle respire avec une bonbonne d’oxygène et une canule dans le nez. Par contre j’ai tout de suite accroché au personnage d’Augustus, qui s’est révélé magnifique et surtout charmeur, très souriant, malgré la jambe qu’il lui manque. Tous deux sont bourrés de sarcasme et d’humour, et leur rencontre puis leurs dialogues sont supers, loin du pathos auquel on pourrait s’attendre vu le sujet du bouquin. Aussi, j’ai énormément apprécié le fait que ce soit un livre, à savoir Une impériale affliction de Peter Van Houten, qui les réunit et leur promet de belles aventures à Amsterdam, aux Pays Bas. D’un côté j’ai trouvé dommage que ce livre soit fictif, car j’ai très envie de le lire maintenant, mais d’un autre côté c’est tant mieux, parce que son auteur est d’un antipathique… ! Pour moi qui adore la littérature, c’est un point qui m’a beaucoup plu ! Mais avant tout, j’ai adoré Nos étoiles contraires pour son côté réaliste et humain : les parents des adolescents sont omniprésents, on n’a pas affaire à deux jeunes lâchés comme ça en pleine nature, non, là ils sont soutenus, épaulés, encadrés par des parents qui les aiment, les soutiennent et les encouragent alors même qu’ils les savent condamnés. J’ai trouvé les parents vraiment courageux, le père d’Hazel particulièrement m’aura arraché des larmes de sympathie à plusieurs reprises, alors que sa femme recevait toute mon estime pour le courage dont elle fait preuve. La seule personne que j’ai détesté dans ce roman, et que j’ai aimé détester surtout, c’est Peter Van Houten, l’écrivain : il est haïssable au possible, tellement il est narcissique, imbu de lui-même, mais la fin explique son comportement et le rend en partie acceptable.

J’ai vraiment du mal à faire cette chronique, car la seule chose que j’ai envie de vous dire, c’est : LISEZ CE LIVRE, IL EST GÉNIAL ! Il fait désormais partie de mes très rares immenses coups de cœur littéraires, je voudrais que tout le monde le lise et l’adore autant que moi ! C’est un livre magnifique, sublime, sur l’humain, sur la vie, sur l’amour. Il m’a arraché des sourires, des éclats de rire, des larmes de joie, mais aussi beaucoup de larmes de tristesse. Dans la dernière partie du livre, j’ai bien dû pleurer pendant 40 pages sur 60, je n’en pouvais plus, mais en même temps je voulais connaître la fin, par laquelle je n’ai pas été déçue d’ailleurs, tellement c’est une belle preuve d’amour, et surtout une belle déclaration pour l’être aimé.

Au risque de me répéter : lisez ce livre, c’est un véritable bijou, et même malgré son prix, vous ne le regretterez pas ! Nos étoiles contraires c’est le genre de roman qui fait encore plus aimer la vie, qui nous fait nous rendre compte de la chance que l’on a d’être en bonne santé, ou du moins de ne pas être mourant, d’aimer et d’être aimé, et de ne pas avoir nos jours avec l’être cher comptés d’avance. Si l’on pouvait tomber amoureuse d’un livre, je crois que là, je ne serais pas sortie de l’auberge tellement je l’aime !

« – Augustus, peut-être aimerais-tu partager tes peurs avec le groupe ?
– Mes peurs ?
– Oui.
– J’ai peur de l’oubli, a-t-il répondu sans attendre. J’en ai peur comme un aveugle que je connais a peur du noir.
– Futur aveugle, a précisé Isaac avec une ébauche de sourire.
– Je suis trop dur ? a demandé Augustus. C’est vrai qu’il m’arrive d’être aveugle aux sentiments des autres.
Isaac s’est bidonné, mais Patrick a levé un doigt réprobateur.
– Augustus, s’il te plaît. Revenons à toi et à ton combat. Tu as dit que tu avais peur de l’oubli ?
– C’est ça, a répondu Augustus.
Patrick était perdu.
– Quelqu’un aimerait rebondir là-dessus ?
Cela faisait trois ans que je ne fréquentais plus d’établissement scolaire. Mes parents étaient mes deux meilleurs amis, le troisième était un écrivain qui ne connaissait même pas mon existence. J’étais plutôt timide, pas du genre à lever la main. Et pourtant, pour une fois, j’ai décidé de m’exprimer. J’ai levé à demi la main, ce qui a rendu Patrick fou de joie.
– Hazel ! s’est-il aussitôt écrié.
Il devait croire que j’allais enfin parler à cœur ouvert, entrer vraiment dans le groupe. Je me suis tournée vers Augustus Waters, et il s’est tourné vers moi. Il avait des yeux d’un bleu translucide.
– Un jour viendra, ai-je dit, où nous serons tous morts. Tous. Un jour viendra où il ne restera plus aucun être humain pour se rappeler l’existence des hommes. Un jour viendra où il ne restera plus personne pour se souvenir d’Aristote ou de Cléopâtre, encore moins de toi. Tout ce qui a été fait, construit, écrit, pensé et découvert sera oublié, et tout ça, ai-je ajouté avec un geste large, n’aura servi à rien. Ce jour viendra bientôt ou dans des millions d’années. Quoi qu’il arrive, même si nous survivons à la fin du soleil, nous ne survivrons pas toujours. Du temps s’est écoulé avant que les organismes acquièrent une conscience et il s’en écoulera après. Alors si l’oubli inéluctable de l’humanité t’inquiète, je te conseille de ne pas y penser. C’est ce que tout le monde fait.
Je tenais ça de mon troisième meilleur ami cité plus haut, Peter Van Houten, le mystérieux auteur d’Une impériale affliction, le livre qui était ma bible. À ma connaissance, Peter Van Houten était la seule personne qui a) semblait comprendre ce que ça faisait de mourir alors que b) il n’était pas mort. Mon intervention a été suivie d’un long silence au cours duquel j’ai regardé se dessiner sur le visage d’Augustus un grand sourire, pas le petit sourire boiteux du garçon qui se la joue sexy, mais son vrai sourire, trop large pour sa figure.
– Mince, a-t-il dit tout bas. Tu n’es pas banale, toi, comme fille. »

3 Comments

  • 5 années ago

    Tu as très bien parlé de ce livre et j’ai ressenti les mêmes émotions que toi en le lisant (et à la fin, moi aussi j’ai pleuré non-stop !). Un pur coup de cœur, et mon plus grand coup de cœur en Youg Adult !

  • BouQuiNeTTe
    4 années ago

    Bienvenue au club de ceux qui ont envie de lire une impériale affliction :P !! Van Houten est un vrai bizarre… mais comme tu dis ça s’explique par son histoire à la fin…

    • 4 années ago

      Ce serait d’ailleurs trop génial que John Green écrive Une impériale affliction sous le pseudo de Van Houten !! Mais bon, faut pas rêver ^^

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