Lectures pour la fac

Montauban -  La Place Nationale

Bonjour !

Comme vous le savez certainement, où sinon je vous l’apprends : à la rentrée prochaine je vais quitter mon petit village et Toulouse pour m’installer et continuer mes études à Montauban. En effet, j’ai été acceptée en troisième année de licence professionnelle métiers du livre spécialité bibliothèque : mon rêve commence enfin à devenir réalité ! Et vous devez donc bien vous douter qu’une telle filière entraîne donc la lecture de quelques livres…

J’ai déjà huit romans à lire pour le cours d’analyse fiction adultes, sur le thème de « l’altérité et aliénation ». Je trouve cela intéressant de vous en parler en amont, car je vais lire ces oeuvres très prochainement, et vous remarquerez alors qu’il ne s’agit pas de romans vers lesquels je me serais tournée de moi-même, je vais vraiment découvrir des choses que je n’ai pas pas l’habitude de lire et qui me sont, pour la plupart, inconnues. Les chroniques des livres viendront bien entendu s’incruster sur le blog, vous les verrez toutes avant le 1e septembre, soyez-en sûrs !

• Trois Contes, de Gustave Flaubert :
Les « trois contes » résument tout l’art flaubertien : Un coeur simple, c’est la psychologie intimiste ; Hérodias, c’est l’historien, le peintre ; Saint Julien, l’amateur de fables et de surnaturel. Tour à tour son enfance, l’Antiquité, le Moyen Âge, fournissent le décor. Derrière tant d’art, la tendresse de qui a écrit : « Je veux apitoyer, faire pleurer les âmes sensibles, en étant une moi-même. »

• Colline, de Jean Giono :
Dans ce livre, Giono raconte l’histoire d’un hameau, les Bastides blanches, situé à l’ombre des monts de Lure. Sur ce petit morceau de terre vivent douze personnes, rassemblées dans les quatre maisons situées autour de la fontaine du village. Lorsque va tarir cette fontaine, qui avait alimenté les habitants depuis si longtemps, tout commence à aller mal. À cette même période, l’aîné du village, Janet, paralysé et alité, commence à parler de manière peu compréhensible. Il ne faudra pas longtemps pour que les autres habitants pensent que Janet est à l’origine de leurs malheurs. En effet, en plus de la fontaine asséchée, une petite fille tombera malade, un incendie manque de raser le hameau.
Dans ce roman, d’un genre nouveau, un hameau doit expier les crimes que les hommes ont commis contre la Terre. Giono, avec ce premier roman, a inventé une forme d’écriture nouvelle en utilisant le langage des hommes de la campagne. Ce style d’écriture se retrouvera dans les deux livres qui compléteront la trilogie de pan : Un de Baumugnes et Regain.

• Nouvelles orientales, de Marguerite Yourcenar :
Orientales, toutes les créatures de Marguerite Youcenar le sont à leur manière, subtilement. L’Hadrein des Mémoires se veut le plus grec des empereurs, comme Zénon, dans la quête de son Oeuvre au Noir, paraît souvent instruit d’autres sagesses que celles de l’Occident. L’auteur elle-même, cheminant à travers Le Labyrinthe du Monde, poursuit une grande méditation sur le devenir des hommes qui rejoint la pensée bouddhiste. Avec ces Nouvelles, écrites au cours des dix années qui ont précédé la guerre, la tentation de l’Orient est clairement avouée dans le décor, dans le style, dans l’esprit des textes. De la Chine à la Grèce, des Balkans au Japon, ces contes accompagnent le voyageur comme autant de clés pour une seule musique, venue d’ailleurs. Les surprenants sortilèges du peintre Wang-Fô,  » qui aimait l’image des choses et non les choses elles-mêmes « , font écho à l’amertume du vieux Cornelius Berg,  » touchant les objets qu’il ne peignait plus « . Marko Kralievitch, le Serbe sans peur qui sait trompait les Turcs et la mort aussi bien que les femmes, est frère du prince Genghi, sorti d’un roman japonais du XIe siècle, par l’égoïsme du séducteur aveugle à la passion vraie, comme l’amour sublime de sacrifice de la déesse Kâli,  » nénphar de la perfection « , à qui ses malheurs apprendront enfin l’inanité du désir…  » Légendes saisies en vol, fables ou apologues, ces Nouvelles Orientales forment un édifice à part dans œuvre de Marguerite Yourcenar, précieux comme une chapelle dans un vaste palais. Le réel s’y fait changeant, le rêve et le mythe y parlent un langage à chaque fois nouveau, et si le désir, la passion y brûlent souvent d’une ardeur brutale, presque inattendue, c’est peut-être qu’ils trouvent dans l’admirable économie de ces brefs récits le contraste idéal et nécessaire à leur soudain flamboiement.

• Soie, d’Alessandro Baricco :
Vers 1860, pour sauver les élevages de vers à soie contaminés par une épidémie, Hervé Joncour entreprend quatre expéditions au Japon pour acheter des oeufs sains.
Entre les monts du Vivarais et le Japon, c’est le choc de deux mondes, une histoire d’amour et de guerre, une alchimie merveilleuse qui tisse le roman de fils impalpables. Des voyages longs et dangereux, des amours impossibles qui se poursuivent sans jamais avoir commencé, des personnages de désirs et de passions, le velours d’une voix, la sacralisation d’un tissu magnifique et sensuel, et la lenteur, la lenteur des saisons et du temps immuable.

• Quatre soldats, d’Hubert Mingarelli :
Voici un récit comme aurait pu en rêver Hemingway, où les circonstances comptent moins que le désarroi moral, les tâtonnements, les dialogues de ces quatre soldats en perdition, issus de l’Armée rouge, qui sortent d’une forêt où ils viennent de passer un hiver terrible, pendant l’année 1919.
Il y a la beauté des scènes muettes : réquisitions dans les villages, baignades dans un étang, embuscade. Il y a ce gamin, enrôlé volontaire, dont la présence irradie les quatre hommes car il est, semble-t-il, le seul à savoir écrire. Mais le ciel est sans fin et rien ne sera sauvé.

• Cet imperceptible mouvement, d’Aude :
Écriture et projet convergent ici superbement. […] La vie, dit-on, c’est ce qui se passe pendant qu’on s’occupe à autre chose. Aude le confirme. Admirablement. Et on refuse de s’occuper d’autre chose.

• Les Aurores montréales, de Monique Proulx :
Ce sont des nouvelles, textes courts et incisifs, tous soigneusement taillés dans l’insupportable bana­lité des drames et des lieux. Le livre se compare à une petite mosaïque de pierres multicolores. Chacune conserve sa couleur rare et la forme unique de sa froide minéralité. L’ensemble n’en constitue pas moins un vivant portrait de Montréal, une effrayan­te collection de spécimens humains, un tableau prodigieux de cacophonie et de tristesse
nordique […].
[…] il faut lire sans hésiter Les Aurores montréales. Pour apprivoiser l’atrocité. Pour attiser la fureur. Pour savourer le bonheur d’une écriture souveraine aux portes de la barbarie. Enfin parce que ces nou­velles s’ajustent de manière à former un livre, ce qui n’est pas toujours évident quand on rassemble des ­histoires dont chacune soutient si facilement sa propre unité.

• L’homme de Lewis, de Peter May :
En rupture de ban avec son passé, Fin Macleod retourne sur son île natale de Lewis. La mort tragique de son jeune fils a pulvérisé son mariage. Impuissant et résigné, il a quitté la police. La lande balayée par les vents, la fureur de l’océan qui s’abat sur le rivage, les voix gaéliques des ancêtres qui s’élèvent en un chant tribal : il pense pouvoir ici retrouver un sens à sa vie.
Mais, Fin à peine arivé, on découvre le cadavre d’un jeune homme, miraculeusement préservé par la tourbière. Les analyses ADN relient le corps à Tormod Macdonald, le père de l’amour de jeunesse de Fin, et font de lui le suspect n°1. C’est une course contre la montre qui s’engage alors : l’inspecteur principal est attendu sur l’île pour mener l’enquête et il n’épargnera pas le vieil homme, atteint de démence sénile.
Au rythme des fulgurances qui traversent l’esprit malade de Tormod, le passé ressurgit, douloureux, dramatique, et dévoile le sort que la société écossaise a réservé pendant des décennies aux « homers » : ces enfants orphelins ou abandonnés que l’Eglise catholique envoyait sur les îles Hébrides.
Après « L’Île des chasseurs d’oiseaux », on retrouve ici avec bonheur la figure d’un enquêteur indécis à la croisée des chemins, tenté de construire son avenir sur les cendres du passé. L’Ecosse mystérieuse, majestueuse et sauvage est un écrin de rêve pour ces vies dans la tourmente, magistralement orchestrées par Peter May.

Si d’autres livres viennent s’ajouter à cette liste au cours de l’année, je ferai un nouvel article de la sorte.
Avez-vous déjà lu l’un de ces livres ? Et si oui, qu’en avez-vous pensé ?

8 Comments

  • 3 années ago

    Je trouve ton programme de lecture génial ! J’ai lu « Soie » que j’ai bien aimé, et « L’homme de Lewis » de Peter May, un polar génial !

    • Flight of Swallow
      3 années ago

      J’aime aussi beaucoup ce programme, il n’y aucun livre qui me fait peur (c’est déjà ça ^^). Merci pour tes avis sur ces livres, ce sont les deux qui me tentent le plus, en plus. J’ai vu par contre que L’homme de Lewis est le deuxième tome d’une saga qui a le même héros… Sais-tu si je dois lire le premier tome pour bien comprendre celui-ci ? Je vais commencer par lire Soie car la bande-annonce du film m’a trop donné envie !

  • 3 années ago

    J’avais dû lire « Un coeur simple » en 5ème et j’avais vraiment beaucoup aimé ! D’ailleurs je l’ai acheté récemment pour pouvoir le relire.

    Bon courage, c’est quand même un programme chargé en un mois !

    • Flight of Swallow
      3 années ago

      J’espère aimer Un coeur simple alors !
      Personnellement je ne trouve pas le programme tant chargé que ça, les livres sont courts en général (moins de 200 pages, sauf L’homme de Lewis). Puis avec le marathon que je me lance, ce ne sera que quelques lectures parmi tant d’autres ^^

  • 3 années ago

    J’ai lu « L’homme de Lewis » il y a quinze jours ! J’adore Peter May, et sa trilogie sur l’île de Lewis est particulièrement réussie. Il n’est pas absolument indispensable d’avoir lu le premier tome pour apprécier le deuxième, mais je te conseille tout de même de commencer par « L’île des chasseurs d’oiseaux ».

    • Flight of Swallow
      3 années ago

      Merci pour le conseil, je vais chercher à me le procurer alors !

  • 3 années ago

    J’avais acheté Soie à Sarah, il a l’air super bien ce livre! Bonnes lectures alors! :)

    • Flight of Swallow
      3 années ago

      Je l’ai lu hier soir, et effectivement il est sympa ! Mais à mon avis le film a l’air encore mieux !

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