Le monde de Charlie • Stephen Chbosky

Le monde de Charlie

Le monde de Charlie

de Stephen Chbosky.

Je l’avoue : si j’ai voulu lire ce livre, c’est parce que j’ai découvert la bande-annonce du film, et que ce dernier m’a de suite attirée. Et quand je sais qu’un film est l’adaptation d’un roman, je fais tout pour lire celui-ci en premier, afin de pouvoir comparer le monde que je me suis imaginé avec celui présent sur le grand écran. De plus, j’ai par la suite lu de bons avis sur le roman de Stephen Chbosky, et il a à peine fallu que je le vois en rayon pour que je l’achète, malgré son prix un peu excessif à mes yeux (13€50 pour 250 pages moyen format). Et je ne regrette pas mon coup de tête, car ce livre est un vrai petit bijou ! 

La banlieue de Pittsburgh, années 90. Charlie, lycéen timide et renfermé, souffre de dépression après le suicide de son meilleur ami, et commence à montrer des troubles mentaux inquiétants. Seul et impuissant, il s’adapte avec difficultés à son nouvel établissement : il n’ose parler à personne, tout le monde le rejette et le prof de lettres est son seul ami. Jusqu’à ce qu’il rencontre Sam et son demi-frère Patrick. Ces derniers, tous deux en dernière année de lycée, lui tendent chaleureusement la main et l’acceptent dans leur cercle d’amis. Naviguant entre les difficultés de sa première année de lycée, Charlie vivra les hauts et les bas de l’adolescence : les différences d’âge, la musique, les fêtes, les premiers amours, action et vérité, les diplômes, les amis que l’on n’oublie jamais…

Au départ je l’ai trouvé original, car c’est une sorte de roman épistolaire, mais pas vraiment en fait : Charlie écrit à un destinataire inconnu, qui ne lui répond jamais, donc c’est comme s’il écrivait dans un journal intime, ou nous parlait directement, à nous lecteurs. Puis j’ai plongé dans l’histoire la tête la première, pour chaque fois en ressortir avec l’envie de retourner de suite dans l’eau, de patauger à côté de Charlie, de ses interrogations sur lui-même et sur la vie, de ses nouvelles amitiés qui lui ouvrent l’accès à un petit monde particulier qu’il ne connaissait guère jusque là : celui de l’amour, des fêtes, de l’alcool, de la drogue et de la joie de vivre, alors même qu’il est dévasté par la mort de sa tante survenue lorsqu’il était enfant puis celle de son meilleur ami, qui s’est suicidé l’année précédent le début de l’histoire.

On remarque immédiatement que Charlie est quelqu’un de particulier, rien qu’à sa façon d’écrire, on devine qu’il est différent. Peut-être pas autiste, mais avec un traumatisme intérieur qu’il traîne avec lui depuis un bon moment, ce qui le rend unique aux yeux de certains, ou un simple looser aux yeux de la plupart des jeunes. Ses réactions peuvent donc paraître exagérées ou anormales, alors même que c’est cela qui fait son charme et le rend attachant tout au long de l’histoire. Pour une fois on se retrouve face à un héros sensible, qui ne se cache pas pour pleurer, et qui prend la vie comme elle vient, sans savoir pourquoi, mais qui s’interroge toutefois bien souvent à son sujet, qui expérimente la vie et fait tout pour croquer dedans même quand il est au plus bas.

Ce que j’ai aimé aussi, c’est le lien particulier que Charlie a avec la littérature et la musique, choses qu’il nous fait d’ailleurs découvrir tout au long de ses lettres, ce qui nous permet de mieux apprendre à le connaître, mais également d’élargir notre curiosité ; enfin pour ma part, je compte lire et écouter les oeuvres dont il parle que je ne connais pas. Cela prolongera un peu mon lien avec Charlie, et je pense du coup relire ce roman quand je comprendrai mieux pourquoi ces oeuvres-là et pas d’autres sont intégrées à l’histoire, je suis sûre que cela me fera le voir d’une autre façon encore.

Enfin, ce roman a su me faire passer du rire aux larmes de nombreuses fois, les émotions sont tellement extrêmes, et j’ai adoré ça, c’est tellement pur, innocent et nature la manière dont réfléchit et écrit Charlie que c’en est déroutant, mais tellement bien mené ! Enfin voilà, ce roman est un petit chef-d’oeuvre, et j’espère que le film saura se montrer à la hauteur !

[…] Ensuite, il m’a donné un autre livre à lire. Ça s’appelle « Le Festin nu ».
J’ai commencé à le lire dès que je suis rentré chez moi, et autant te l’avouer, je ne comprends rien à ce que ce type raconte. Je dirais jamais ça à Bill, surtout pas. Sam m’a dit que pendant qu’il écrivait ce livre, William S. Burroughs prenait de l’héroïne et que je devrais « me laisser porter par le texte ». C’est ce que j’ai fait. Comme j’avais toujours aucune idée de quoi ça parlait, je suis descendu regarder la télé avec ma soeur.
L’émission, c’était un sitcom, et ma soeur était de mauvais poil, super silencieuse. J’ai essayé de lui parler, mais elle m’a juste dit de la fermer et de la laisser tranquille. Du coup, j’ai regardé l’émission pendant quelques minutes, mais ça me semblait encore plus confus que le livre, alors j’ai décidé d’aller faire mes devoirs de maths mais en fait, j’aurais pas dû, vu que les maths, j’ai toujours trouvé ça confus.
Toute la journée, j’ai eu la tête embrouillée.
Alors j’ai essayé d’aller aider ma mère dans la cuisine, mais j’ai fait tomber la cocotte, alors elle m’a dit d’aller lire dans ma chambre en attendant que mon père rentre à la maison, alors que c’est justement la lecture qui fichait tout en l’air depuis le début. Heureusement, mon père est rentré avant que j’aie le temps de rouvrir le livre, mais comme il voulait regarder le match de hockey, il m’a dit de lui « lâcher les basques ». J’ai regardé le match de hockey avec lui pendant un moment, mais je pouvais pas m’empêcher de lui demander de quels pays venaient les joueurs, et lui, il « se reposait les yeux », ce qui veut dire en fait qu’il dormait, mais il a pas voulu que je change de chaîne. Alors il m’a dit d’aller regarder la télé avec ma soeur, et j’y suis allée, mais elle m’a dit d’aller aider ma mère à la cuisine, et j’y suis allé, mais là, elle m’a dit d’aller lire dans ma chambre. J’y suis allé.
J’en suis maintenant à peu près à un tiers du livre, et jusqu’ici, c’est plutôt pas mal.

(chronique datant du 7 janvier 2013)

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