Le cherche-bonheur • Michael Zadoorian

Le Cherche-Bonheur

Le cherche-bonheur

de Michael Zadoorian.

J’ai découvert ce roman grâce au Baby Challenge Contemporain organisé par LivrAddict, et c’est pourquoi je suis heureuse d’y participer, car il permet vraiment de découvrir de petites pépites d’or de la littérature ! Vous l’aurez donc compris, cette lecture a été un coup de coeur ou presque ; presque, car de petits détails de l’écriture ne me permettent pas d’aller jusque là. 

Avis de recherche : Ella et John Robina, couple de citoyens américains à la retraite, vus pour la dernière fois au volant de leur camping-car le Cherche-bonheur, aux abords de Detroit. Si vous avez des informations, merci de contacter au plus vite leurs enfants au numéro qui suit…
Après une longue vie et soixante ans de mariage, la santé chancelante et la mémoire qui flanche, Ella et John savent que leurs jours d’autonomie sont comptés. Si John ne se souvient plus nécessairement si on est mardi ou jeudi, il peut encore conduire. Ella le « kidnappe » donc, avec une seule idée en tête : partir une dernière fois à l’aventure. C’est le début d’un périple extraordinaire…

Tout d’abord, le sujet m’a semblé vraiment original, enfin personnellement c’est la première fois que je lis un roman sur la vieillesse avec une héroïne malade du cancer et son mari atteint de la maladie d’Alzheimer. Contrairement à ce que l’on pourrait penser, l’écriture n’en est pas pour autant sénile, bien au contraire, elle est vive même si elle raconte parfois des moments durs, des petits moments du quotidien qui nous font vraiment voir ce que c’est que d’être vieux, de sentir son corps nous lâcher, notre force et notre mémoire flancher. Et en plus de cela, nous avons affaire à deux personnages forts de caractère, qui m’ont rappelée, avec leur voyage, ceux de Telma et Louise du célèbre film du même nom. Ella sait se montrer à la fois femme, épouse, infirmière et mère pour son époux, époux tour à tour homme et enfant, conscient ou totalement perdu dans les méandres de sa mémoire qui lui fait de plus en plus défaut.

Le seul petit bémol notable, ce serait comme je le disais précédemment, un petit point de l’écriture ; en effet, Ella se répète souvent, les actions qu’elle décrit sont un peu monotones, mais finalement cela montre que la vie n’est un qu’un éternel recommencement de toutes les petites choses qui font le quotidien, et cela rejoint également les répétitions constantes qu’entraîne la maladie d’Alzheimer de John.

Pour conclure, je vous conseille chaudement ce roman, car il ne tombe jamais dans le pathos, et malgré son sujet sensible celui-ci est traité avec beaucoup d’humour et de délicatesse.

Je m’attarde sur cette image. En observant le château bleu et les feux d’artifice, je m’aperçois que c’est ainsi que je me suis représenté Disneyland tout au long de ces années. Un peu comme le générique du Monde merveilleux de Walt Disney à la télévision. C’est peut-être pour ça que j’ai choisi cette destination pour notre voyage. Je peux paraître ridicule, mais quelque chose en moi se plaît à penser que le monde après celui-ci pourrait ressembler à ça.
Comme je l’ai déjà dit, j’ai évacué depuis longtemps toute notion de religion et de paradis : les anges, les harpes, les nuages et toutes ces fariboles. Et cependant mon côté idiot et puéril veut toujours y croire. A un univers étincelant d’énergie et de lumière, où rien ne serait exactement de la même teinte qu’ici-bas : plus bleu, plus vert, plus rouge. Ou bien on devient des couleurs, ces lumières célestes qui saupoudrent le château. C’est peut-être un endroit que nous connaissons déjà, là où nous étions avant notre naissance, si bien que la mort est un simple retour aux sources. Auquel cas, j’imagine que nous en gardons une trace quelque part. Voici qui expliquerait ce voyage, la recherche d’un lieu parmi mes souvenirs, perdu au fond d’une crevasse de mon âme. Qui sait ? Et le paradis, ce serait Disneyland ? A-t-on jamais entendu pareille sottise. Ce doit être la drogue qui s’exprime.

(chronique datant du 17 février 2013)

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