Le captivé • Christophe Dabitch & Christian Durieux

Le captivé

 

Bonjour tout le monde !

Aujourd’hui je vais vous parler d’une bande dessinée que j’ai lu pendant mes vacances à Paris et que j’ai beaucoup aimé. Je remercie énormément les éditions Futuropolis pour l’envoi de cet ouvrage, dont j’ai eu la connaissance grâce à une interview de l’auteur dans l’émission Le magazine de la santé sur France 5. Je vous parle assez souvent de cette émission car le vendredi j’aime beaucoup regarder les chroniques de Gérard Collard, mais même en semaine on peut faire de belles découvertes, en voici la preuve.

Fin du XIXe siècle, à Bordeaux. Albert Dadas est le premier patient atteint de la « folie du fugueur » à être soigné. Le jeune psychiatre, Philippe Tissié, allant à l’encontre des récents écrits de Charcot, utilise l’hypnose. Cette rencontre changera leur vie à tous les deux. Sur ce sujet hors norme et méconnu, après un travail fouillé de documentation, Christophe Dabitch reconstitue la vie d’errance d’Albert Dadas et la resitue dans le contexte médical de l’époque. Christian Durieux, de son trait délicat et plein d’empathie, donne chair à un personnage doux et effaré.

Si j’ai voulu lire cette bande dessinée, c’est tout d’abord pour la manière dont l’auteur en a parlé : j’ai littéralement été submergée par l’histoire véridique d’Albert Dadas, dont je n’avais jusque là jamais entendu parler. J’ai vraiment été intriguée puis passionnée par sa personne et la manière dont son mal l’atteignait et ce que celui-ci engendrait dans sa vie. En effet, quand la « folie du fugueur » s’emparait de lui, cet homme marchait à n’en plus finir, inconscient, et parcourait des kilomètres et des kilomètres : il s’est ainsi rendu dans plusieurs pays dont l’Algérie et la Russie, pour ne citer qu’eux. Vu comme ça cela pourrait paraître grisant, mais cela n’en était rien, car Albert Dadas ne profitait pas de ses voyages puisqu’il était inconscient la plupart du temps, et en plus de cela il ne faisait que marcher, et pendant ce temps sa famille et ses proches s’inquiétaient de ne pas savoir où il était, et c’était bien difficile de le retrouver et de le ramener chez lui, et ce d’autant plus quand il se faisait arrêter pour vagabondage.

En ce qui concerne l’ouvrage en lui-même, j’ai vraiment adoré les dessins, les coups de crayons sont doux et rendent les dessins agréables. Le fait que tout soit en noir et blanc est très sympathique aussi, car cela rend selon moi l’oeuvre intemporelle malgré le fait que l’histoire se déroule entre la fin du XIXe siècle et le début du XXe siècle. Il s’agit d’un véritable travail manuel, et j’ai réellement apprécié ça car la modernité de la couleur ajoutée par ordinateur n’y aurait pas apporté quelque chose d’utile je pense. De plus, pour parler un peu « technique », le papier est épais et doux, il est mat et non brillant, ce qui ajoute encore au confort de lecture ; cela peut paraître dérisoire voire secondaire, mais personnellement j’accorde beaucoup d’importance à la qualité du papier, et là j’ai été très satisfaite.

Enfin, je ne noterais qu’un défaut notable à mes yeux : tout au long de l’histoire nous découvrons le mal dont est atteint Albert Dadas et la manière dont Philippe Tissié le soigne, cependant j’ai été plus ou moins déçue de ne pas découvrir l’origine de cette maladie, ce qui la cause. Certes cette bande dessinée n’est pas un ouvrage médical, son but est de distraire, mais je ne sais pas, ça m’a tout de même manqué. Vu le travail de recherche qui a été fait, j’aurais davantage apprécié ma lecture si j’avais eu la réponse à cette simple question : « Pourquoi ? ». En effet, le travail de recherche incroyable se vérifie au fil des pages, et notamment dans les dernières, qui racontent les vies d’Albert Dadas et Philippe Tissié de manière très précise et détaillée, ainsi que le contexte historique et médical de l’époque de l’histoire. Ce « cahier » final apporte vraiment un plus à l’ouvrage et éclaire davantage le récit.

Enfin, si vous voulez vous cultiver tout en vous divertissant, si vous vous intéressez un minimum à la médecine ou plus simplement aux cas des personnes qui disparaissent volontairement chaque année (ce cas médical s’y apparente sur certains points), cette bande dessinée ne pourra que vous plaire. En tout cas, moi, je l’ai beaucoup aimée, et pour tous les points cités juste avant, je ne peux que vous la conseiller !

Le captivé, de Christophe Dabitch & Christian Durieux.
Disponible aux éditions Futuropolis
depuis le 5/05/2014 au prix de 19€.

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