La vie rêvée des gens heureux • Katrina Onstad

la vie rêvée des gens heureux

Bonjour !

Je vous retrouve aujourd’hui pour vous parler d’une récente parution aux éditions Belfond, que je remercie énormément pour cet envoi. Été est parfois synonyme de légèreté, mais de mon côté je continue à lire de tous les genres pour ne jamais me lasser ; ce roman est un contemporain avec une touche de drame, mais, heureusement, il ne tombe jamais dans le pathos.

Sommes-nous tous destinés à être parents ? Mieux, une femme est-elle toujours destinée à être mère ? Le désir d’enfant est-il toujours partagé ? Un premier roman surprenant d’audace, qui n’hésite pas à bousculer les idées reçues.

Salué par une critique enthousiaste, nommé pour le Giller Prize, le Goncourt canadien, un roman mordant, audacieux, qui n’hésite pas à bousculer les idées reçues sur le couple, le rôle de la femme et l’instinct maternel.

James et Ana ont passé des années à tenter l’impossible pour avoir un enfant, avant de se résigner. Alors que James reporte son affection sur Finn, son filleul de trois ans, Ana, elle, se noie dans le travail.
Et puis, un jour, le choc : les parents de Finn ont un terrible accident de voiture.
Du jour au lendemain, James et Ana deviennent les tuteurs du petit garçon.
Si James s’improvise instantanément père dévoué, les sentiments d’Ana sont beaucoup plus ambivalents. Comment faire une place à Finn tout en préservant son couple ? Comment créer l’intimité avec cet enfant qui n’est pas le sien ? Comment concilier devoir maternel et désir d’accomplissement personnel? Les femmes ne peuvent-elles se réaliser que dans la maternité ?

Ce roman, comme l’annonce le résumé, s’ouvre directement sur l’accident de voiture qui coûte la vie à Marcus et laisse Sarah dans le coma, faisant de leur jeune fils Finn un orphelin confié aux bons soins de leurs amis James et Ana. Nous sommes littéralement happés in medias res dans le quotidien de James et Ana, un couple stérile qui a tout tenté pendant trois ans et s’est délesté de 30 000 dollars pour essayer de devenir parents. Mais là où tout pourrait devenir rose pour eux, Ana n’arrive pas à devenir mère, à se sentir comme tel.

Le récit est construit de telle sorte que le lecteur en apprend un minimum – le nécessaire – sur l’accident et ses circonstances, mais surtout de manière à ce qu’il apprenne à découvrir le couple que forment James et Ana, leurs personnalités respectives, et ce qui les amène à réagir de la sorte face au recueil du jeune Finn. En effet, nous découvrons les fissures présentes en chacun d’eux, ce qui les a provoquées, la façon dont ils vivent avec et dont chacun sert de pilier, de bouée de secours pour l’autre depuis déjà de nombreuses années. Ce couple n’est plus tout jeune (Ana a 39 ans et James 42) et il apprend à vieillir, à accepter sa condition d’adulte, et à s’adapter à l’entrée forcée d’un petit garçon dans leur vie. Et là où James s’épanouit en tant que tuteur de Finn, se sentant enfin devenir père, Ana, au contraire, découvre qu’être mère n’est pas quelque chose qu’elle arrive à faire, si Finn était son enfant on pourrait presque dire qu’elle fait un baby blues car elle ne réussit pas à s’attacher à lui. Cela prouve donc bien qu’il ne suffit pas de désirer un enfant pour immédiatement aimer celui qui entre dans sa vie, quand bien même Ana le connaissait déjà.

J’ai réussi à m’attacher à chacun des membres de ce couple si particulier, entre un James au chômage qui refuse de vieillir, et une Ana maniaque qui adore son travail. On les suit à un moment vraiment particulier de leur vie, on les découvre et on se demande pourquoi ils sont tombés amoureux alors que tout ce qui leur arrive s’acharne à rompre le fil les lie, l’arrivée de Finn bouleversant leur fragile équilibre. Finn est d’ailleurs un petit garçon très attachant, et même si je l’ai souvent senti relégué au second plan, on sent à quel point cette situation est parfois difficile pour lui, et combien il est dur pour lui de comprendre qu’il ne reverra jamais son père, et que l’avenir de sa mère est incertain.

Le roman tient vraiment à ça : Sarah va-t-elle se réveiller et récupérer son fils, ou va-t-elle succomber à ses blessures et permettre à ses amis de devenir parents ? Le lecteur retient son souffle à chaque page, et vue la manière très différente dont James et Ana vivent l’arrivée de Finn dans leur vie, il ne sait jamais quoi désirer à ce propos, d’autant plus qu’il est difficile de souhaiter la mort de quelqu’un, même si ce n’est qu’un personnage de roman, car cette histoire est très réaliste.

Là où je pensais lire un roman avec une belle histoire de famille, je me suis plutôt retrouvée confrontée à une histoire beaucoup plus sombre que ce qu’elle pourrait en avoir l’air, avec des héros brisés par la vie qui cherchent un soutien infaillible l’un dans l’autre pour garder la tête hors de l’eau, sans toujours le trouver. La complexité des personnages m’a vraiment satisfaite, je ne m’attendais pas à tant de la part de l’auteure et j’ai donc été très agréablement surprise de découvrir quelque chose qui ne répondait pas à la plupart de mes attentes, mais qui a tout de même réussi à les surpasser.

Vous l’avez donc compris, ce roman est assez sombre dans l’ensemble, mais Finn arrive à apporter un peu de gaieté grâce à son insouciance enfantine. C’est au final un livre de couples qui se font et se défont au fil des pages afin de découvrir ce à quoi ils aspirent vraiment dans la vie, et surtout, à se découvrir eux-mêmes sous un nouveau jour, à se connaître plus intimement, à devenir la personne qui sommeillait en eux depuis tant d’années. Ce roman est vraiment très beau dans le sens où c’est un petit garçon de deux ans et demi qui permet à des adultes de découvrir qui ils sont réellement, malheureusement suite à une tragédie.

La vie rêvée des gens heureux est donc un très beau roman qui permet de voir la vie sous un nouvel angle, d’apprendre à ne pas se fier aux apparences, et à réfléchir sur sa propre situation. Je comprends parfaitement pourquoi il a été nommé pour l’équivalent du Goncourt au Canada, car il donne une très belle leçon de vie et d’amour, et il fait réfléchir sur la maternité.

La vie rêvée des gens heureux, de Katrina Onstad.
Disponible aux éditions Belfond
depuis le 22/05/2014 au prix de 21€50.

3 Comments

  • 3 années ago

    Waouh, tu donnes super envie ! Et je suis donc ravie de l’avoir reçu de la part de chez Belfond il y a qq jours ! J’ai hâte de le commencer grâce à ton billet !
    Cajou

    • admin
      3 années ago

      J’espère alors que tu l’aimeras autant que moi, car même si le sujet est loin d’être drôle, le roman est très réaliste et je me suis terriblement attachée aux personnages, à plusieurs reprises je les considérais comme des gens réels tellement l’auteure excelle dans les descriptions des personnalités et des relations !

  • 3 années ago

    j’ai trop hâte de le lire celui là !!

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