La septième vague • Daniel Glauttauer

La septième vague

La septième vague

de Daniel Glattauer.

« Objet : La septième vague

 

     Bonjour Leo. Je suis assise sur mon balcon à Playa de Alojera, sur l’île de La Gomera, je regarde au loin, au-delà de la baie de pierres avec ses tâches de sable sombre, léchée par l’écume blanche et bouillonnante, je regarde la mer, et plus loin encore, la ligne horizontale qui sépare le bleu clair et le bleu foncé, le ciel et la mer. Sais-tu à quel point c’est beau ? Il faut absolument que vous veniez ici. Cet endroit semble fait pour les amoureux de fraîche date.

     Pourquoi est-ce que je t’écris ? Parce que j’en ai envie. Et parce que je ne veux pas attendre en silence la septième vague. Oui, ici on raconte l’histoire de l’implacable septième vague. Les six premières sont prévisibles et équilibrées. Elles se suivent, se forment l’une sur l’autre, n’amènent aucune surprise. Elles assurent une continuité. Six départs, si différents qu’ils puissent paraître vus de loin, six départs – et toujours la même arrivée.

     Mais attention à la septième vague ! Elle est imprévisible. Elle est longtemps discrète, elle participe au déroulement monotone, elle s’adapte à celles qui l’ont précédées. Mais parfois elle s’échappe. Toujours elle, toujours la septième vague. Elle est insouciante, innocente, rebelle, elle balaie tout sur son passage, remet tout à neuf. Pour elle, il n’y a pas d’avant, mais un maintenant. Et après, tout à changé. En bien ou en mal ? Seuls peuvent en juger ceux qui ont été emportés, qui ont eu le courage de se mettre face à elle, de se laisser entraîner.

     Je suis assise ici depuis une bonne heure, je compte les vagues et j’observe ce que font les septièmes. Pour l’instant, aucune ne s’est emballée. Mais je suis en vacances, je suis patiente, je peux attendre. Je ne perds pas espoir ! Ici, sur la côte ouest, souffle un vent du sud. Emmi. »

 

 

La septième vague est la digne suite du déjà très passionnant Quand souffle le vent du nord, que j’avais lu en été 2011. Le premier tome m’avait déjà emballée, j’avais un job d’été et ma seule hâte était de terminer ma journée pour lire la suite ! Cette fois ça a été exactement la même chose, sauf qu’au lieu d’un job d’été, c’était des partiels qui m’ont retenue loin de ma lecture. Néanmoins, en deux jours c’était bouclé, le roman a été dévoré encore plus vite que mes spaghettis devant Babycall. Ce fut un plaisir immense de retrouver la relation épistolaire de Leo Leike et Emmi Rothner, deux âmes tombées amoureuses suite à un simple échange de mails, toujours plus intrusifs, toujours plus personnels, toujours plus sentimentaux, toujours plus romantiques… Toujours plus. C’est aussi grâce à cela que la lecture est très rapide, les mails pouvant faire trois mots comme trois pages ; le rythme change, emballe souvent le lecteur et ce sans jamais le lasser ni le perdre. Mon éloge s’arrête ainsi, sinon je risque d’en dévoiler sur l’intrigue, et ce serait vraiment désagréable pour vous, car si vous ne deviez emmener que deux livres dans votre valise, ce serait ces deux petits romans que je vous conseillerais, pour leur fluidité, leur facilité de lecture, le comique souvent présent, leur romantisme exacerbé (mais pas au sens péjoratif du terme).

(chronique datant de juin 2012)

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