La Préférée • Catherine Neykov

la préférée

Bonjour à tous !

Je reviens aujourd’hui pour vous parler d’un livre que j’ai lu lors de mon petit séjour dans la région parisienne, et dont je vous ai déjà parlé en vidéo. Comme vous avez pu le constater ces derniers temps, ma présence sur le blog et sur YouTube devient un peu moins régulière, et ce pour la simple et bonne raison que j’ai plus de mal à trouver du temps pour tout conjuguer, et même pour lire autant que je le voudrais malheureusement… Mais ne vous inquiétez pas, je ne vous oublie pas et dès que j’ai un moment, je prends beaucoup de plaisir à le passer ici ;) Le livre que je vous présente m’a été très gentiment envoyé par les éditions De Borée que je remercie très chaleureusement.

Mais pourquoi Ariane a-t-elle accepté d’accompagner son odieux mari à un séminaire aux Caraïbes ? Non contente d’être une potiche lors des réunions commerciales, elle doit s’exhiber en maillot sur les plages, elle, si complexée, si angoissée ! Les villages vacances, les touristes à la plastique de rêve et aux portefeuilles bien garnis, tout ce qu’elle déteste ! Ariane en profite alors pour s’adonner à l’écriture d’un carnet intime où les souvenirs d’une enfance douloureuse vont enfin s’exprimer et, contre toute attente, ce décor de carte postale deviendra celui de sa plus belle rencontre…

Ce roman me faisait particulièrement envie car il m’avait l’air d’être une histoire fraîche et légère, un brin loufoque malgré « les souvenirs d’une enfance douloureuse » annoncés. Je pensais sincèrement que l’accent serait porté sur le caractère odieux du mari qui serait tourné en bourrique ainsi que sur l’histoire d’amour annoncée à la fin du résumé, mais que nenni ! Je me suis trouvée confrontée à un véritable contemporain, où les tons grave et plus léger s’entremêlent, mais ne créent en aucun cas une comédie ou une chick-lit à la française. Je préfère vous prévenir car j’ai ressenti une petite pointe de regret à ce propos, je pensais réellement m’évader du quotidien et passer un moment de franche rigolade (peut-être pas autant qu’avec Sophie Kinsella, mais quand même), et ça n’a pas du tout été le cas, d’où une micro déception.

Ma petite déception s’arrête à ce niveau, car à part ce détail, ce roman est quand même bon. Pas excellent, mais j’ai quand même pris plaisir à découvrir Ariane et sa vie, tant actuelle en tant qu’épouse et mère de famille, que son enfance.
Le roman, comme je l’annonçais, est plutôt grave, et ce dès le début : le père d’Ariane, un retraité qui emploie son temps libre pour faire de la politique, et renversé par une voiture et est plongé dans le coma. Commence dès lors les regrets de l’héroïne à propos de ses relations avec son paternel qui se sont détériorées avec le temps, au point qu’ils sont quasiment devenus des inconnus l’un pour l’autre. Ces regrets seront omniprésents tout au long du récit et teinteront le roman d’une certaine nostalgie bien compréhensible, et qu’Ariane va tenter de comprendre en entreprenant l’écriture d’un carnet intime. Cette quête d’elle-même est entreprise lors d’un séjour aux Caraïbes qu’elle effectue avec son mari durant un séminaire organisé par celui-ci pour sa boîte. Ce mari se révèle particulièrement odieux, c’est selon moi une vraie tête-à-claques que j’aurais pris plaisir à gifler à de nombreuses reprises tellement son caractère et son attitude sont exécrables. Malgré ce sentiment à l’égard de ce personnage, cela ne m’a pas fait apprécier davantage Ariane, car je ne comprendrai jamais, je pense, les femmes qui restent avec des maris de la sorte et n’ont aucun répondant face à leurs paroles acerbes. Mais bon, cela est vraiment personnel pour le coup, donc vous ne ressentirez peut-être pas la même chose lors de votre lecture.
Voilà, les choses dramatiques sont posées. Mais cela ne va pas s’arrêter là.

En effet, lors de son séjour au soleil, Ariane entreprend de se plonger dans son passé au travers de l’écriture, afin de retrouver ce père tant aimé et de comprendre ce qui a causé leur éloignement sentimental au fil des années. Les souvenirs affluent donc, et plutôt que de rendre hommage à ce père plongé dans le coma, j’ai surtout l’impression qu’ils ont mis en avant la cruauté de la mère, qui m’a à de nombreuses reprises fait penser à celle de Vipère au poing d’Hervé Bazin.
Ce récit se retrouve entrecoupé par des moments présents, aux Caraïbes, et notamment la rencontre d’Ariane avec Brice. J’ai là aussi légèrement déchanté, car là où je pensais trouver l’histoire d’amour et d’adultère du siècle, ça s’est juste révélé banal à mes yeux, et comme toujours invraisemblable (tomber amoureuse en trois jours, peu importe le roman, je ne trouverai jamais ça crédible, que l’héroïne ait quinze ans ou quarante ans, comme ici).

Cependant, malgré tous ces petits points négatifs, j’ai trouvé que la fin valait que le livre soit lu, car Ariane met le doigt sur un secret de famille assez « choquant », duquel je me doutais pendant une bonne partie du roman, mais que j’ai tout de même su apprécier pour sa beauté.

Si vous cherchez un contemporain sympa pour vos vacances, je ne peux que vous conseiller de lire La Préférée de Catherine Neykov, qui finalement mêle plusieurs sujets : la relation père-fille et celle mère-fille, la place de la femme dans le couple, ce qu’est l’amour, comment vivre heureux, et surtout, le mieux exploité à mes yeux : le secret de famille. Par contre passez votre chemin si vous cherchez de la chick-lit, car malgré quelques passages légers, ce roman est finalement plutôt sérieux dans l’ensemble.

Vous pouvez retrouver une interview de l’auteure ici.

La Préférée, de Caherine Neykov.
Disponible aux éditions De Borée dans leur collection Terres de femmes
depuis le 4/04/2014 au prix de 20€.

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