La maison • Mathias de Breyne

La maison

Lorsque j’ai découvert ce roman parmi le catalogue des publications françaises de Belfond, j’ai immédiatement été attirée, notamment par la couverture. Puis le résumé a fini de me convaincre, et je remercie comme toujours cette maison d’édition pour cet envoi et la confiance qu’elle m’accorde depuis plusieurs années déjà.

On ne choisit pas sa maison, c’est elle qui nous choisit.
Quand il ne voyage pas au bout du monde, Gab retape des maisons avec passion, les habite un ou deux ans et puis s’en va. Gab n’a pas eu six femmes dans sa vie, mais six maisons. Le temps est venu pour lui de laisser la dernière et de la vendre à la personne idéale qui saura l’aimer à son tour.
A plusieurs centaines de kilomètres de là, Magda en a marre d’être un robot, marre de s’abîmer le dos et les yeux devant son ordinateur. Elle a envie d’habiter à la mer. Ou non, à la campagne. En fait, peu importe : c’est la maison qui la choisira. Une annonce se détache vite des autres.
Quand Magda visite la maison de Gab, c’est le coup de foudre. Magda et la maison. La maison et Gab. Gab et Magda. Et bientôt Alistair…

Lorsque je choisis ma nouvelle lecture et que j’hésite entre plusieurs, j’ai pris pour habitude d’ouvrir le livre et de le feuilleter, voire de lire quelques lignes par-ci par-là. Quand j’ai fait de même avec ce roman, j’ai été un peu décontenancée en remarquant que les dialogues ont une forme… un peu particulière disons. Il n’y a aucun tiret devant les paroles, ni d’indication sur la personne qui parle, mais des sauts de ligne entre chaque parole. Cela m’a paru vraiment bizarre et unique, mais finalement ce n’est pas difficile de s’y habituer, et nous reconnaissons rapidement l’émetteur, car Mathias de Breyne réussit à apporter un ton différent à chacun de ses personnages. Il est aussi bon de noter que, dans les parties narratives, le narrateur, Gab, alterne entre présent et passé, mais comme dans la plupart des romans qui adoptent cette méthode, le lecteur n’est jamais perdu.

Maintenant, en ce qui concerne l’histoire… J’ai adoré le message qui est transmis, à savoir qu’une maison est un membre à part entière d’une famille, d’un foyer. Ce ne sont pas uniquement des murs, des sols et des plafonds, mais vraiment le lieu qui voit la famille évoluer, se construire, se défaire parfois, sans avoir jamais son mot à dire ; elle se rapproche presque de l’animal de compagnie, à la différence qu’elle couvre ses propriétaires plutôt que d’être simplement à leurs côtés.

Et c’est exactement ce qu’il se passe dans ce roman : Gab cherche à vendre sa maison, Magdalena a un véritable coup de foudre pour celle-ci, et la maison va également la choisir. Même si elle sera un poil aidée par les agissements de ces deux personnages, qui ne manquent pas de stratèges pour obtenir ce qu’ils veulent. Puis l’histoire d’amour entre Gab et sa maison, qui devient la maison de Magdalena, se transformera petit à petit en histoire d’amour entre les deux personnages. J’ai vraiment aimé la manière dont la maison permet la rencontre amoureuse de ces personnages, comment elle abritera tour à tour leur amour puis leur désamour, sans avoir jamais son mot à dire. Dans un même temps, Gab compare Magdalena la femme, à Magdalena le quartier de Lima ; Mathias de Breyne s’amuse avec succès à humaniser une maison et une ville, les rendant toutes deux séduisantes et aimantes.

La maison peut donc paraître un peu bizarre, tel un ovni de la littérature, mais je trouve justement que ces choix sont judicieux et pertinents, et qu’en cela ils peuvent marquer le lecteur. J’ai personnellement pris beaucoup de plaisir à découvrir la plume de Mathias de Breyne, inhabituelle dans sa technique, et je vais suivre la publication de ses prochains romans – en espérant qu’il y ait d’autres – avec beaucoup d’intérêt. Cela n’a rien à voir dans le fond ni la forme, mais il m’a fait le même effet que Denis Michelis avec son roman La chance que tu as.

La maison, de Mathias de Breyne.
Disponible aux Editions Belfond
depuis le 9/06/2016 au prix de 19€.

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