La main de la nuit • Susan Hill

la main de la nuit

Bonjour !

Je voudrais tout d’abord remercier les éditions L’Archipel pour cet envoi, car elles m’ont ainsi permis de lire un genre un peu nouveau pour moi, qui oscille entre le thriller et le fantastique, pour donner un beau petit mélange : le suspense.

Adam Snow, un marchand de livres anciens perdu dans la campagne anglaise, arrive dans le parc d’un manoir à l’abandon.
Par curiosité, il se dirige vers la porte d’entrée, lorsqu’il ressent une présence mystérieuse…

La petite main qui a saisi la sienne va désormais l’obséder.
D’autant qu’elle semble lui vouloir du mal…

Vous devez très certainement vous en douter, mais si j’ai été attirée par ce livre au départ, c’est pour le métier qu’exerce le héros. Etant une amoureuse des livres, et collectionnant, quand je le peux, les livres anciens (mon plus vieux date du début du XIXe siècle si mes souvenirs sont bons), j’ai immédiatement voulu en savoir plus sur cet Adam.

J’ai donc découvert un homme tout à fait charmant, passionné par son métier, et j’ai adoré le suivre dans ses investigations à travers le globe pour dénicher de petites pépites littéraires, des premières éditions ou d’autres limitées. Ce métier n’est pas relégué au second plan, et cela a donc contribué à créer une atmosphère dans laquelle je me suis sentie bien et dans laquelle j’avais envie de me plonger avec plaisir quand je n’étais pas en train de lire. On découvre Adam par son métier, et j’ai trouvé cela plutôt original et enrichissant.

Ce qui est aussi très agréable, c’est l’atmosphère du roman : suivant Adam, nous découvrons en même temps que lui une maison abandonnée avec un grand jardin, et nous sentons la rencontre qu’il fait, à savoir celle d’une main d’enfant dans la sienne, mais aucun enfant physiquement présent. Dès lors, nous devinons qu’un fantôme est apparu, et le suspense prend une grande place dans l’histoire : tout comme Adam, on veut absolument en savoir plus, jusqu’au moment où cette présence devient clairement inquiétante, voire dangereuse. Mais cette atmosphère ne devient jamais très oppressante et elle ne cherche pas à terroriser le lecteur ; certes, l’adrénaline monte par moments, mais nullement de manière extrême. J’ai simplement senti quelque chose d’inhabituel, mais cela ne m’a pas maintenue éveillée jusqu’au bout de la nuit comme certains films d’horreur peuvent le faire, car on n’est pas dans l’horreur justement. C’est étrange, et on cherche à comprendre, voilà tout.

Et puisque l’on cherche à comprendre, il est évident qu’Adam fait de même. Et pour cela, il va être aidé par deux personnes : la femme d’un de ses clients, qui connaît la maison abandonnée, et son frère, qui a lui aussi vécu une période stressante à un moment de sa vie, tombant même dans la dépression. Ces personnages secondaires m’ont beaucoup plu car ils apportent de vraies bonnes choses au récit, l’histoire avance énormément grâce à eux, et de fait on n’a pas affaire à un héros qui domine tout, car seul, finalement, il n’est pas grand-chose.

Enfin, pour éviter de vous dévoiler le plus gros de l’histoire, je terminerai donc ma chronique en disant simplement que j’ai été très surprise par la fin ; non pas par la révélation de l’identité du fantôme (même si j’aurais préféré qu’il soit quelqu’un d’autre, ce qui aurait rendu le drame encore plus tragique, et surtout tordu), mais par le final du livre. En effet, je trouve que c’est une « belle » fin dans le sens où elle se révèle moralisatrice, et je trouve que ce but est souvent ignoré dans les romans, or là, j’ai trouvé ça juste et bien.

Bref, c’est une lecture que je recommande à tous, car sincèrement elle ne fait pas peur, alors que je sais très bien que cela pourrait en rebuter plus d’un – sauf moi qui, parfois, aime bien les lectures un peu tarées et déjantées, mais passons sur mes bizarreries. De plus, le roman est court mais n’est pas pour autant sous-exploité, j’ai trouvé que ce nombre de pages limité a permis à l’auteure de ne pas s’évader dans des divagations qui auraient pu lasser le lecteur. Un peu de suspense, l’amour des livres omniprésent dans ces pages, ainsi qu’une sublime couverture : que demander de plus ?

La main de la nuit, de Susan Hill.
Disponible aux éditions L’Archipel
depuis le 22/10/2014 au prix de 14€95.

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