La fièvre de l’aube • Péter Gardos

La fièvre de l'aubeParfois, il m’arrive d’attendre quelque temps pour chroniquer un roman, car sur le moment, je n’arrive pas vraiment à mettre de mots sur ce que j’ai ressenti lors de ma lecture. C’est le cas avec plusieurs lectures que j’ai faites en ce début d’année et dont les chroniques vont arriver prochainement, comme ici. Mais avant de vous livrer mon avis, je tiens à remercier les éditions Robert Laffont pour la confiance qu’ils m’ont accordée autour de ce titre, qui, cela est clair, est bien particulier et unique en son genre.

Quand Miklos, vingt-cinq and, apprend qu’il est condamné à mourir, il prend une résolution folle : il va se marier… et guérir.
Hongrois, rescapé des camps d’extermination nazis, Miklos est, depuis la fin de la guerre, accueilli en Suède pour soigner sa tuberculose. Dans l’espoir de trouver l’épouse qui lui conviendra, il écrit à ces dix-sept jeunes Hongroises réfugiées en Suède. Parmi les réponses qu’il reçoit, une seule lui fait battre le coeur : celle de Lili Reich. Elle a dix-huit ans et, comme lui, est rescapée des camps. De septembre 1945 à février 1946, Miklos et Lili s’écrivent presque quotidiennement. Et de lettre en lettre, tombent amoureux l’un de l’autre. Dès lors, avec le courage et la force de ceux qui veulent croire au bonheur pour oublier l’horreur, Lili et Miklos vont soulever des montagnes pour se rencontrer.
Cette histoire est celle des parents de l’auteur : après la mort de son mari, Lili a confié à leur fils, Péter, la liasse des lettres qu’elle avait échangées avec Miklos.

 Cela fait maintenant quelques mois que j’ai lu ce livre, objet littéraire non identifié car c’est un savant mélange de roman et de témoignage indirect, la retranscription d’une histoire familiale, personnelle. C’est entre autres à cause de ce genre non défini que j’ai mis du temps à écrire cette chronique, car je ne sais pas trop où me situer. J’ai bien aimé, mais… Mais ce mélange m’a posé un peu problème car, lors de ma lecture, je n’arrivais pas à savoir s’il s’agissait de la véritable histoire des parents de l’auteur, ou si celui-ci était en train d’inventer. Et cela m’a frustrée de ne pas savoir, je me triturais les méninges pour démêler le vrai de la fiction, et cela a quelque peu gâché ma lecture, que je n’ai pas faite de manière limpide.

Ce qui est certain, c’est que les fragments des lettres, eux, sont bien ceux échangés entre Miklos et Lili. Et en fait, j’aurais tellement aimé un recueil de ces lettres, agrémenté de passages narratifs ; ainsi, j’aurais su sans problème ce qui était réel et ce que l’auteur a transmis du récit de ses parents avec sa patte à lui. De plus, l’histoire entre cet homme et cette femme est tellement insolite et belle, comme dans un roman d’amour, qu’en connaître intégralement la réalité m’aurait davantage plu.

En effet, au sortir de la Seconde Guerre mondiale, Miklos, atteint de tuberculose et à l’aube de la mort, envoie, telle une bouteille à la mer, une lettre à dix-sept hongroises réfugiées comme lui en Suède, afin de trouver une femme à épouser. Parmi les réponses qu’il reçoit, seule celle de Lili le touche en plein coeur, et dès lors une relation épistolaire naît entre eux. Malgré leur différence d’âge et les obstacles qu’ils vont rencontrer, ils ont su reconnaître l’amour et se sont battus pour faire vivre leur histoire naissante !

J’ai énormément aimé cette force de combat qu’ils ont à eux deux, leur obstination face, notamment, aux personnes jalouses, à l’administration et, surtout, à la maladie. Si l’on ne savait pas que les lettres échangées dans le roman sont bel et bien réelles, le lecteur pourrait croire que c’est une histoire d’amour trop belle pour être vraie. Et pourtant ! C’est dans la folie et la pureté des sentiments que se trouve la beauté de ce roman.

Séduite par cette histoire d’amour digne des plus grandes romances, j’ai pourtant été un peu plus réticente face à la manière qu’a choisi l’auteur pour raconter l’histoire de ses parents. Malgré tout, ce livre entre roman et témoignage devrait plaire aux romantiques comme aux personnes qui aiment lire tout ce qui touche à la Seconde Guerre mondiale et à ses conséquences.

La fièvre de l’aube, de Péter Gardos.
Disponible aux Editions Robert Laffont
depuis le 7/04/2016 au prix de 19€50.

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