Je ne t’oublierai pas • Sophie McKenzie

Je ne t'oublierai pas

Bonjour !

Aujourd’hui je vais vous parler d’un roman que j’ai eu la chance de lire il y a quelques semaines grâce aux éditions Belfond, que je remercie chaudement pour cet envoi car cette lecture a été au niveau de mes attentes, voire même au-delà.

Mariée à Art Loxley, riche homme d’affaires londonien, Gen a tout pour être heureuse. Mais derrière la façade de leur maison cossue, la jeune femme peine à surmonter la perte de Beth, sa fille emportée à la naissance huit ans plus tôt. Un drame qui l’empêche de devenir mère à nouveau.

Jusqu’au jour où une femme se présente à sa porte. Apeurée, celle-ci prétend détenir des informations et assure que l’enfant est toujours en vie. Qui pour croire un mensonge aussi monstrueux ?
Alors qu’Art soupçonne une ignoble tentative de manipulation pour nuire à ses affaires, Gen, elle, ne peut s’empêcher d’espérer.

Seule contre son mari et son entourage, Gen entreprend de lever les nombreuses zones d’ombre de son accouchement. Mais, bientôt, l’espoir vire au cauchemar…

Les raisons pour lesquelles je préfère les thrillers aux policiers, c’est parce que dans ce genre on suit un héros lambda plutôt qu’un policier, et au lieu de suivre l’enquête de loin, nous sommes au coeur de l’affaire et cela joue énormément avec notre psychologie et notre psychisme. J’aime particulièrement me creuser les méninges et me demander si le personnage principal est fou ou si ce sont les personnes autour de lui qui font tout pour le lui faire croire.

Et c’est ceci que j’ai particulièrement aimé dans ce roman. Comme dans Avant d’aller dormir de S.J. Watson, nous suivons une héroïne, ici Gen – Geniver de son prénom entier -, qui se retrouve dans une situation où elle ne sait plus à qui faire confiance, commençant même à douter d’elle-même : alors qu’elle a mis au monde un bébé mort-né, un jour une femme qu’elle ne connaît ni d’Eve ni d’Adam vient lui annoncer que cet enfant est en réalité vivant. Alors que Gen n’a jamais vraiment réussi à faire son deuil, et ce d’autant plus que malgré toutes les nouvelles tentatives de procréation, naturelles et médicalement assistées, elle n’a jamais réussi à tomber de nouveau enceinte.

L’héroïne commence alors à parler de cette histoire à son mari, ainsi qu’à sa meilleure amie, mais très rapidement elle se met à douter de ses proches, faisant le choix de faire confiance à ses nouvelles rencontres et connaissances plutôt qu’aux personnes qu’elle connaît depuis des décennies et qui ont toujours été là pour elle dans les bons comme dans les mauvais moments. Ce choix est-il juste ? Gen a-t-elle raison de bousculer sa vie entière pour les paroles d’une inconnue qui l’entourloupe peut-être, lui disant ce qu’elle rêve d’entendre depuis des années ? Il y a plein d’autres questions de ce style que l’on se pose à la lecture de ce roman, et c’est ça que j’ai aimé, car au contraire de Gen, moi, j’ai soupçonné chaque personnage, ne laissant une chance à aucun d’entre eux, et me trompant donc bien souvent.

Ce roman est donc, comme vous devez vous en douter, extrêmement psychologique. Il joue énormément avec nos nerfs et nos neurones, et j’ai beaucoup aimé Gen et son histoire. Je pense vraiment préférer quand les thrillers mettent en scène une femme plutôt qu’un homme, je trouve généralement leurs histoires plus touchantes. Et ça n’a pas loupé cette fois-ci, car le sujet qu’est la perte d’un enfant, le deuil, et l’espoir qu’il soit encore en vie, est très fort et poignant, mais là où Sophie McKenzie réussit un coup de maître, c’est qu’elle exploite son sujet de manière à attendrir le lecteur et s’investir émotionnellement dans la cause de Gen sans pour autant tomber dans le pathos ni chercher à faire pleurer dans les chaumières.

J’ai, enfin, énormément aimé le dénouement de l’histoire, bien tordu comme j’aime quand il s’agit d’un thriller. L’auteure a fait un choix qui pourrait en choquer plus d’un, mais pour ma part, malgré la surprise de taille, je l’ai totalement accepté car je l’ai trouvé cohérent. Et les dernières pages font froid dans le dos, j’ai trouvé ça presque machiavélique.
La seule chose, au final, qui m’a plus ou moins gênée dans ce roman, c’est que l’action se déroule dans un laps de temps assez court et du coup, selon moi, ça enlève un peu de crédibilité. Mais à part ce petit point, je ne peux que vous conseiller de foncer, car ce roman rend totalement accro et est très bon dans son genre.

Je ne t’oublierai pas, de Sophie McKenzie.
Disponible aux éditions Belfond
depuis le 16/10/2014 au prix de 21€50.

Leave A Comment