Jane, le renard & moi • Isabelle Arsenault & Fanny Britt

jane le renard et moi

Bonjour !

Il y a des livres, cela fait des mois qu’on veut les lire. Mais au départ on ne les achète pas parce qu’ils coûtent hyper chers, et surtout quand il s’agit d’une bande dessinée, parce que tout le monde le sait, une bande dessinée ça se lit super vite, le rapport prix/pages ne vaut pas celui d’un bon gros pavé de roman…

Et puis quand on se décide à les acheter, on apprend que l’auteure sera en dédicace dans un salon de la région, mais qu’on n’a pas le droit d’apporter ses propres livres à ce-dit salon pour se les faire dédicacer. Alors on prend son mal en patience, on trépigne un peu à force de voir les jours défiler sur le calendrier, et quand enfin on tient la pépite tant attendue entre nos mains, on ne peut s’empêcher de la dévorer dans la soirée. En gros, voici mon histoire avec Jane, le renard & moi.

« Il reste à peine 2 mois d’école.
Une toute petite éternité ».

Montréal, dans les années 80. La jeune Hélène est le canard boiteux de son établissement. Mise à l’écart, sujette aux moqueries et aux insultes, elle se réfugie dans la lecture de Jane Eyre de Charlotte Brontë. Elle s’identifie à l’héroïne tout en se dévalorisant, persuadée d’être « une saucisse de Toulouse », « un bébé truie » ou « un coussin à fourchettes ». Et le pire est à venir. Une semaine en camp de vacances avec les 40 élèves de cinquième, prêts à la martyriser. Mais deux rencontres vont illuminer son quotidien.

Cette bande dessinée, comme je l’ai dit précédemment, ça faisait des mois que je voulais la lire. Je l’ai rencontrée un jour par hasard en librairie me semble-t-il, et j’ai immédiatement craqué sur sa couverture. Mais ça, c’était à l’époque où je ne lisais pas encore de bande dessinée, et où envisager de mettre plus de 20€ dans un tel bouquin me rebutait entièrement. Puis les mois ont passé, je me suis découvert un vif intérêt pour la bande dessinée, et depuis l’envie de lire celle-ci n’a pas cessé de me hanter. Alors quand vendredi 14 novembre je suis allée au Festival de la BD de Colomiers (31) avec ma classe, je savais d’avance que je l’achèterais là-bas, et qu’en prime, je me la ferais dédicacer (cf photo d’illustration). J’ai aimé cette brève rencontre avec Isabelle Arsenault, nous étions aussi timides l’une que l’autre je dirais, mais elle s’est montrée réellement attentionnée et a peaufiné ma dédicace pendant de longues minutes, pour le plus grand plaisir de mes yeux.

Jane, le renard & moi

Et le soir, à peine rentrée chez moi, je me suis glissée avec délice sous la couette, ma bande dessinée dans les mains, et j’ai commencé ma lecture. J’ai été immédiatement happée par cette histoire, très simple en apparence, mais dans laquelle je me suis retrouvée par certains aspects. La jeune Hélène est victime de brimades par d’anciennes amies qui l’ont exclue de leur bande de copines, et elle en devient réellement malade, elle se met à faire des fixettes, notamment sur son poids, pour échapper à ces moqueries, mais en vain. J’ai vraiment aimé suivre ce petit bout de fille qui n’a rien demandé à personne et qui voudrait simplement vivre comme toutes les enfants de son âge, sans se soucier du regard des autres, à un âge où le regard qu’on porte sur sa personne devient très critique, vicieux, voire méchant. J’ai éprouvé beaucoup de peine pour Hélène, mais en même temps j’ai trouvé admirable que, pour échapper à tout ça, elle choisisse de s’évader à travers la lecture, et notamment celle qu’elle fait de Jane Eyre, et la manière dont elle essaie de comparer sa vie à celle de l’héroïne de Charlotte Brontë. N’ayant pas encore lu ce roman, j’ai beaucoup aimé découvrir, de façon très brève certes, cette histoire avec Hélène. Puis vient la rencontre, brève, avec LE renard, celui du titre, qui va chambouler la vie de la fillette, et entraîner une autre rencontre d’autant plus belle. C’est admirable, je trouve, d’accorder autant d’importance à des personnages qui semblent secondaires au premier abord, dans la vie et le futur de l’héroïne. Cela prouve bien que, comme quoi, les rencontres les moins attendues sont souvent les plus belles.

jane 2

Mais ce qui m’a autant, voire davantage plu que l’histoire, c’est la manière dont celle-ci est mise en image. Le dessin d’Isabelle Arsenault est très doux malgré le sujet sombre et les couleurs employées, qui la plupart du temps sont dans des tons bruns/gris. Mais, à certains moments, la couleur pointe le bout de son nez, et là ce sont de véritables tableaux qui se révèlent à nos yeux. En effet, j’aime tellement ces dessins, en plus de ceux en « noir & blanc » qui occupent une page voire deux, que j’ai envie de faire des copies de mes pages favorites pour les encadrer. C’est vous dire à quel point ces dessins sont beaux, car ce désir ne m’était jamais arrivé auparavant… Donc même si l’histoire ne vous attire pas au premier abord, je vous conseille tout de même de vous pencher sur le contenu de cette bande-dessinée, car les images valent vraiment le coup d’œil. De plus, celles-ci sont d’autant plus belles qu’elles bénéficient d’une impression sur un papier de qualité, très épais, presque granuleux sous les doigts, qui nous laisse entrevoir la qualité générale de l’ouvrage.

Jane, le renard & moi

Vous l’avez donc compris, j’ai eu un véritable coup de cœur pour cette bande dessinée, qui plaira, je pense, autant aux petits qu’aux grands. Je pense qu’il s’agit d’un magnifique cadeau à faire aux personnes sensibles à ce sujet et/ou aux beaux dessins, et à tous les amoureux des renards, de Jane Eyre et du Québec. (D’ailleurs, si vous avez lu ce livre, j’ai trouvé certaines expressions « maladroites », « non françaises », donc je voudrais savoir s’il s’agit d’expressions propres au Québec ;) ). Pour ma part, je sais que je recommanderai Jane, le renard & moi partout autour de moi, et à commencer par vous chers lecteurs ! Et pour finir de vous convaincre de la magnificence de cet ouvrage, sachez qu’il a été nommé et primé pour de nombreux prix, de manière internationale qui plus est.

Jane, le renard & moi, d’Isabelle Arsenault & Fanny Britt.
Disponible aux éditions La Pastèque
depuis le 15/03/2013 au prix de 22€20.

Jane, le renard & moi

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