Et je danse, aussi • Anne-Laure Bondoux & Jean-Claude Mourlevat

et je danse aussi

J’ai acheté ce roman en début d’année, car les romans épistolaires et moi, c’est une grande histoire d’amour ! Vous devez le savoir avec le temps, surtout que je vous ai présenté, dans le même genre, Histoires d’@ de Laure Manel en tout début de mois. Mais une petite piqûre de rappel ne peut pas faire de mal, n’est-ce pas ? C’est donc avec beaucoup d’enthousiasme que je me suis plongée dans cette lecture.

La vie nous rattrape souvent au moment où l’on s’y attend le moins. Pour Pierre-Marie, romancier à succès (mais qui n’écrit plus), la surprise arrive par la poste, sous la forme d’un mystérieux paquet expédié par une lectrice. Mais pas n’importe quelle lectrice ! Adeline Parmelan, « grande, grosse, brune », pourrait devenir son cauchemar… Au lieu de quoi, ils deviennent peu à peu indispensables l’un à l’autre. Jusqu’au moment où le paquet révèlera son contenu, et ses secrets… Ce livre va vous donner envie de chanter, d’écrire des mails à vos amis, de boire du schnaps et des tisanes, de faire le ménage dans votre vie, de pleurer, de rire, de croire aux fantômes, d’écouter le Jeu des Mille Euros, de courir après des poussins perdus, de pédaler en bord de mer ou de refaire votre terrasse. Ce livre va vous donner envie d’aimer. Et de danser, aussi !

La première chose que j’ai aimé dans ce roman, c’est le fait qu’il soit écrit à quatre mains. Petites recettes de bonheur pour les temps difficiles de Suzanne Hayes & Loretta Nyhan est mon roman épistolaire préféré et a été écrit à quatre mains, donc… je me suis jetée dans ce roman en espérant retrouver ce même petit plus qui m’avait tant plu et séduite il y a deux ans déjà.

C’est donc avec délectation que j’ai commencé ce roman : Pierre-Marie Sotto, écrivain à succès, a reçu dans sa boîte aux lettres une grosse enveloppe de la part d’Adeline Parmelan, qu’il ne connaît point. Suspectant la réception d’un manuscrit que sa lectrice lui aurait envoyé, c’est revêche qu’il lui envoie un mail pour la prévenir qu’il n’ouvrira pas son enveloppe, lui proposant même de la lui retourner. Sauf que son admiratrice ne se laisse pas démonter, et ne lui communique pas ses coordonnées postales. S’ensuit alors une correspondance dynamique, quasiment quotidienne, durant laquelle les protagonistes deviennent accros à leurs échanges épistolaires, et nous lecteur, accro à leurs mots.

Ces nombreux échanges créent rapidement une certaine proximité entre Adeline Parmelan et Pierre-Marie Sotto, qui n’hésitent pas à se confier sur leur quotidien, mais aussi sur leur vie personnelle, leurs peurs, leurs peines etc. Une sincère amitié s’installe, jusqu’au moment où Adeline révèle qu’elle n’est pas exactement la personne qu’elle laisse paraître… Dès lors, un sujet très sérieux fait son apparition : la disparition volontaire de la femme de l’auteur quelques années auparavant… et ce dernier commence à se demander si la fameuse Adeline Parmelan ne serait pas, en réalité, sa femme qui essaye de reprendre contact.

En réalité, ça va être bien plus compliqué que cela. Et là où le récit devient de plus en plus sérieux, moi j’ai commencé à moins apprécier ma lecture, à être bien trop touchée pour ne pas réagir. Le roman ne devient absolument pas mauvais, c’est juste qu’à partir de ce moment-là, il ne me rappelle que trop personnellement ce qu’il est arrivé chez moi l’année dernière, au point de me demander si beaucoup de mères agissent de la sorte. Si vous avez lu ce roman ou comptez le faire, vous comprendrez en partie ce qui m’a touchée l’année dernière, et pourquoi j’ai déserté le blog pendant plus de six mois. Bref, je ne suis pas là pour raconter ma vie ! Mais Et je danse, aussi, sous ses couverts de roman épistolaire, cache des sujets très sérieux et graves, et il n’est pas à prendre à la légère.

Ce roman m’a donc tour à tour amusée, confrontée à mon histoire personnelle, mais aussi fait réfléchir sur ce qui s’avère être important dans la vie, au quotidien, et sur les relations entre les gens. C’est donc une histoire à la fois divertissante et qui provoque de sérieuses réflexions chez le lecteur. C’est un bon condensé qui permet (normalement) de passer un bon moment. Alors, certes, il n’a pas détrôné mon coup de coeur dans le genre, mais quand même, je l’ai beaucoup aimé, et je pense que j’aurais pu l’apprécier encore davantage s’il n’avait pas fait ressurgir en moi des sentiments et émotions que j’essaye d’enterrer.

Et je danse, aussi, d’Anne-Laure Bondoux & Jean-Claude Mourlevat.
Disponible aux Editions Fleuve Editions
depuis le 12/03/2015 au prix de 18€90.

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