Cette beauté qui s’en va • Matthieu Berthod

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Hello !

Je reviens aujourd’hui avec la chronique d’une bande-dessinée que j’ai pu lire grâce à la masse critique organisée par Babelio et les éditions Les Impressions Nouvelles, qui ont accepté de livrer partout en Europe (j’ai ainsi dix très jolis timbres belges, si ça intéresse des collectionneurs !).

À travers quatre visites rendues à une amie atteinte d’une maladie grave, qui voit sa vie se transformer radicalement, l’auteur s’attache à décrire les changements opérés dans le paysage, au fil des années et de l’histoire d’un canton suisse qu’il a quitté il y a une décennie, mais auquel il reste fortement attaché.

Il se questionne sur le devenir de cet environnement, et analyse avec ironie la vision idéaliste que certains visiteurs passés ont pu donner de leur séjour dans ces lieux. Sur un ton poétique, le sujet du changement et de l’impermanence des choses est traité à travers l’histoire, la culture, la maladie et l’amitié.

Quatre saisons constituent les chapitres de ce roman graphique qui n’est ni un récit de voyage, ni un journal, ni une autobiographie, mais peut-être un peu tout cela à la fois.

Je remercie davantage Babelio et surtout les éditions Les Impressions Nouvelles, car je n’ai pas du tout accroché à cette bande-dessinée, et je regretterais d’autant plus cela si je l’avais achetée…

J’ai trouvé que l’histoire manque de but, le découpage du récit est vraiment particulier et je n’en ai pas compris l’intérêt. En effet nous suivons le héros à chaque fois lors d’une journée précise, mais je n’ai pas trouvé ces journées reliées entre elles, je n’ai pas compris pourquoi ces journées-là en particulier ont été choisies car elles n’avaient rien de spécial ou d’original à mes yeux. En effet, je trouve que tous les sujets abordés dans le résumé, tels que l’histoire, la culture, la maladie et l’amitié, n’ont au final été que survolés, l’auteur ne s’attache à l’un de ces sujets en particulier et cela crée une sorte de cacophonie où aucun sujet n’en domine un autre, et où donc le récit s’éparpille.

Je n’ai jamais réussi à m’attacher aux personnages, qu’il s’agisse tant du héros ou de son amie cancéreuse, car j’ai trouvé leurs personnalités et leurs liens vraiment bizarres, les accents ont été portés sur des points pas forcément intéressants, et quasiment en aucun cas sur leurs sentiments, ce qui fait qu’ils n’ont pas réussi à me sensibiliser ni à me toucher. J’ai trouvé que les personnages sont traités en surface et que leur enveloppe s’avère creuse, sans intérêt. Il me semble que l’auteur a fait ce choix, volontairement ou non, pour donner plus de poids au canton suisse dont il raconte l’histoire, mais là encore, si on n’a pas lu le résumé (qui est absent de la couverture de l’ouvrage), le lecteur ne peut pas deviner que la trame se déroule en Suisse. Cela aussi m’a laissée de marbre, alors même que l’auteur paraît vouloir rendre hommage aux villages de montagnes et à leurs habitants. Pour le coup, je me suis simplement ennuyée.

Je me suis littéralement morfondue dans les dessins qui manquent clairement de douceur, et auxquels les couleurs choisies ne rendent pas hommage. En effet, ces dernières sont vraiment ternes et tristes : gris, noir, bleu et marron. Cela rend le récit encore plus froid, et plutôt que de me faire envie de découvrir le canton suisse dont il est question, l’auteur me donne juste envie de le fuir pour des paysages plus beaux et surtout moins déprimants.

Vous l’avez donc compris, cette lecture est malheureusement une grosse déception… Je ne suis pas du tout une experte en bande-dessinée, vous savez très bien que pour l’instant à part quelques mangas et bandes-dessinées jeunesse ou humoristique, je ne suis pas du calée sur ce genre. Néanmoins j’essaye de m’y ouvrir et de découvrir de nouvelles manières de raconter des histoires en images, cependant je n’ai pas réussi à accrocher au travail de Matthieu Berthod…

Cette beauté qui s’en va, de Matthieu Berthod.
Disponible aux éditions Les Impressions Nouvelles
depuis le 6/05/2014 au prix de 18€.

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