Adieu ! Ou presque… • Laurie Frankel

adieu ou presque

Adieu ! Ou presque…

de Laurie Frankel.

Je suis tombée par hasard sur ce roman la semaine dernière, quand j’étais dans une petite librairie où j’allais souvent ado, cette fois pour acheter des livres pour un swap. Je m’étais dit que je n’achèterais plus de livres avant la fin du mois, mais ma volonté a cédé ce jour-là, et encore deux fois cette semaine, je suis irrattrapable ! Tout d’abord, c’est la couverture, pleine de couleurs, puis le titre, qui m’ont attirée. Ensuite j’ai lu le résumé, et dès ce moment-là j’ai su que je devais rentrer chez moi avec ce livre dans mon sac ! J’ai donc craqué malgré son prix – 19€90, c’est une sortie récente – et j’ai vite eu peur en ajoutant ce livre à ma PAL sur Livraddict, car il avait seulement 8/20 de moyenne avec trois notes… Ni une ni deux, j’ai mis en pause ma lecture du moment pour me forger mon propre avis le plus vite possible, sinon je sens que je l’aurais laissé dans ma PAL un long moment, découragée par les mauvaises notes qui lui étaient attribuées. Et je ne le regrette pas ! 

Sam est informaticien dans une agence de rencontres en ligne, ce qui ne l’empêche pas d’être toujours célibataire ! Jusqu’au jour où il crée un algorithme capable de trouver l’âme sœur en un clic et qu’il tombe fou amoureux de Meredith… une collègue de bureau. Le couple file le parfait amour mais Livvie, la grand-mère bien-aimée de Meredith, meurt brutalement.
Pour consoler la femme de sa vie, Sam développe un programme informatique compilant tous les e-mails et chats vidéo de Livvie. Celui-ci écrit les messages comme si Livvie était encore là, derrière l’écran. Le résultat est si spectaculaire que les deux amoureux décident de partager cette expérience en la commercialisant.
Leur société, RePose, est un succès, et entre les personnes endeuillées faisant appel à ses services se nouent des liens bien réels qui les aident à affronter l’épreuve.
Mais le concept a ses failles – certaines hilarantes – et ses limites…

Cette lecture n’est pas un coup de cœur, mais je l’ai néanmoins beaucoup aimée. Il y a deux petits défauts notables qui expliquent cela : le rythme, très voire trop rapide dans la première partie, tout s’enchaîne à la vitesse de l’éclair, les bases de l’histoire sont à peine posées que le sujet principal part au quart de tour, ce qui le rend assez improbable ; mais également l’affluence de personnages secondaires, il y en a tellement, que plusieurs fois je ne savais plus qui était qui. Mais malgré cela, l’histoire en reste très belle, bien qu’altérée du coup.

Dans un premier temps, l’histoire d’amour entre Sam et Meredith est touchante, on les trouve mignons ensemble ; puis dès que le drame surgit, dès que la grand-mère de Meredith meurt, le récit devient une véritable interrogation pour le lecteur, sur comment vivre le deuil de la meilleure façon possible. Faut-il, comme tout un chacun, se morfondre dans la douleur, pleurer jusqu’à ce que les larmes se tarissent et que le vide se remplisse petit à petit, de nouveau, grâce à la vie autour de nous ? Ou au contraire, comme les utilisateurs de RePose, faut-il se raccrocher au souvenir de l’être cher, à tel point que de correspondre avec son double virtuel nous le rendrait en quelque sorte, atténuerait sa perte ? Je pense que pour bien être touché par ce roman, se sentir concerné et ainsi s’attacher aux personnages, à leurs réflexions, à leur manière d’appréhender le deuil, il faut que le lecteur ait aussi, malheureusement, connu ce genre d’épreuve.

Les personnages sont tous plus ou moins attachants, et malgré que la tristesse soit omniprésente avec eux, soit parce qu’ils ont perdus un être cher, soit parce qu’ils sont à l’aube de la mort, pour cause de vieillesse ou de cancer, jamais le pathos ne s’insinue vraiment. On souffre et on est triste pour eux, mais jamais ils ne se plaignent, et malgré que la mort et le deuil soient les sujets principaux de ce roman, celui-ci est une véritable ode à la vie, il nous permet de réaliser que l’existence ne tient qu’à un fil, que la fatalité se cache à chaque coin de rue, et qu’il ne faut jamais oublier de côtoyer des personnes réelles pour vivre réellement.

2 Comments

  • 4 années ago

    Quelle belle chronique !
    Tu donnes très clairement envie de découvrir ce livre ^^

    • 4 années ago

      Contrairement à ce que je redoutais, il est vraiment sympa ! L’idée de fond est très originale et très bien menée en plus !

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