A demain, Lou • Marie-Claude Vincent

à demain, lou

Il y a des romans, rien que le résumé nous fait savoir que ce sera un coup de coeur. Cela a été le cas avec A demain, Lou, et je remercie chaudement les éditions Robert Laffont et particulièrement Cécile de m’avoir permis d’avoir ce coup de coeur.

Ça ressemble à quoi la vie, à douze ans, quand le bonheur se fracasse ?
Élisabeth, Lou et la petite Laura forment avec leurs parents une famille unie et joyeuse. Jusqu’au jour où Éli part passer le week-end chez une amie et ne revient pas. Bloquée par le silence des adultes, Lou n’ose pas poser de questions. Le corps pressent ce que l’esprit refuse d’accepter, mais admettre qu’Éli est morte serait plus terrible encore que ce mutisme qui, peu à peu, empoisonne tout.
C’est sur événement que Lou revient à la veille de ses seize ans, l’âge d’Éli à sa disparition. Comment continuer à vivre sans cette grande soeur qu’elle chérit tant ? Comment se résoudre à devenir plus vieille qu’elle ? Comment cesser d’être « la petite soeur d’Éli » ? Il va falloir, pourtant, passer ce cap…

Cela fait deux jours que j’essaye d’écrire cette chronique, et cela fait déjà une dizaine de jours que j’ai terminé la lecture de ce roman. Il résonne avec une telle force en moi qu’il m’est extrêmement difficile de mettre des mots sur mon ressenti, sur mes sentiments, alors je m’excuse d’avance si cette chronique est brouillonne, si je suis confuse.

Je ne veux pas m’étaler sur ma vie car ce blog est un blog littéraire, j’y parle de mes lectures et uniquement de mes lectures, en aucun cas je ne souhaite y déballer mes cartons. Mais malgré tout je pense qu’il est important que vous sachiez que j’ai moi-même perdu une soeur, pas dans les mêmes circonstances que Lou, mais cela n’a fait que rendre plus fort encore mon coup de coeur pour ce roman, car il se révèle extrêmement juste, et Marie-Claude Vincent a une écriture et a su trouver les mots parfaits pour parler de cette perte. Je n’avais encore rien lu de cette auteure et, pourtant, j’ai aimé sa plume qui se révèle délicate, juste ; elle sait parler du deuil d’une manière à la fois réaliste et belle, sincère et profonde, sans jamais tomber dans le pathos. C’est la justesse de ses mots et les émotions que ceux-ci font vivre qui m’ont fait versé des torrents de larmes, car j’accompagnais Lou dans sa perte, dans ses questionnements, dans son appropriation du deuil, me rappelant souvent ce que j’avais pu vivre.

Car Lou ne voit pas le corps de sa soeur décédée, elle n’assiste pas non plus à son enterrement. Alors que ses parents ont juste voulu la protéger, et se protéger en même temps pour que leur fille ne les voient pas alors que toutes leurs barrières se sont effondrées, finalement ceux-ci ne font que retarder le deuil de Lou qui refuse la mort d’Eli, qui attend vainement son retour. Ce roman finalement est une double attente : Lou attend le retour d’Eli, et le lecteur attend que Lou accepte que sa soeur ne rentrera jamais à la maison. Cette attente est longue et triste pour tout le monde, mais chacun espère qu’elle prendra fin à un moment, même si l’on sait tous que ce retour n’arrivera jamais.

Lou doit alors apprendre à renaître, à devenir uniquement l’aînée de Laura et plus la cadette d’Elisabeth. Lou doit réaliser que le noyau familial s’est brisé et que chacun de ses composants est unique et que les autres peuvent (sur)vivre sans lui, qu’il n’y a plus d’unité. Lou doit accepter qu’Eli s’efface peu à peu du quotidien, que ses objets disparaissent un à un, pour que tous puissent vivre leur deuil, tourner la page sans pour autant oublier cette soeur et enfant.

Le plus dur et le plus émouvant, ça a été quand Lou a réalisé qu’Eli n’allait plus vivre Noël ni les anniversaires, qu’elle ne serait plus là pour les événements importants de la vie. Et, pire, qu’un jour elle allait vivre des expériences que sa soeur n’a jamais connues. Des choses logiques et banales, mais des choses tout de même fortes émotionnellement pour Lou, qui doit accepter de devenir l’aînée d’Eli au bout de quelques années.

J’ai vraiment adoré ce roman parce que Marie-Claude Vincent a su trouver le bon moment pour que Lou fasse enfin son deuil, et elle l’a fait d’une sublime manière. La fin a fait battre mon coeur à mille à l’heure, j’ai eu peur de lire les dernières lignes, pour finalement verser (encore) des larmes, mais cette fois de joie, car le roman se termine de la plus jolie et juste des façons à mes yeux.

J’ai quelques fois lu des romans sur la perte d’un enfant par des parents, mais encore jamais sur la perte d’une soeur ou d’un frère, jusqu’à maintenant. Si le sujet vous intéresse et que vous n’avez pas peur de pleurer, vous l’avez compris, je ne peux que vous conseiller A demain, Lou, qui est juste parfait ! Je tiens sincèrement à remercier Marie-Claude Vincent pour avoir réussi à mettre des mots sur ce que chaque enfant ayant perdu une soeur ou un frère peut ressentir, car je pense que ce roman peut aider à faire son deuil, si besoin est…

A demain, Lou, de Marie-Claude Vincent.
Disponible aux Editions Robert Laffont
depuis le 7/04/2016 au prix de 16€.

6 Comments

  • 1 année ago

    J’ai pleuré en lisant ce livre, et j’ai pleuré en lisant ta chronique. Evidemment. Tu sais comme il m’a touché et je pense que tu as vécu ce livre encore plus intensément que moi, parce qu’il faisait écho à ta propre vie d’une certaine façon.

    • Flight of Swallow
      1 année ago

      Merci pour ton commentaire Fiona, venant de toi ça me touche encore plus <3

  • 1 année ago

    Très jolie chronique, j’avais envie de le lire, tu m’as conforté dans mon idée.

    • Flight of Swallow
      1 année ago

      J’espère que tu l’aimeras autant que moi :)

  • 1 année ago

    Il me le faut !

    • Flight of Swallow
      1 année ago

      Je ne peux qu’approuver, bonne lecture à toi !

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